Philippe à Buenos-Aires

Hier, j’ai pleuré…

5 octobre 2009 · Un commentaire

Pourquoi j’ai pleuré hier ?

Parce que l’Argentine toute entière pleure… Pas seulement parce que l’Argentine pleure souvent contrairement à ce que recommandent les célèbres paroles : « Don’t cry for me Argentina » ! L’Argentine pleure depuis hier Mercedes Sosa, « sa » chanteuse.

Des pleurs et plus encore. Comme dans un vieux couple, quand l’un des deux meurt. Car ce pays après s’être marié avec Eva Perón avait épousé en secondes noces, il y a bien des années, cette chanteuse. Un mariage qui semblait écrit dès la naissance de Mercedes Sosa le 9 juillet 1935 dans la plus petite province Argentine, Tucumán, là où fût officiellement proclamée l’indépendance du pays le… 9 juillet 1816.

Mais naître un jour de fête nationale, ne serait qu’un détail si cette femme n’avait été toute sa vie une sorte de miroir de la société argentine. Elle est de parents modestes et surtout de sang métis, origines qu’elle n’a jamais reniées. C’est de là que lui venait son surnom de « Negra », un surnom sur lequel il est intéressant de s’arrêter quelques instants. Dans une dépêche de l’AFP annonçant sa mort, « Negra » est traduit par « négresse » ! Sur le site du Figaro, on nous explique que son surnom venait de son « épaisse chevelure noire » ! Non, en Argentine, une « negra » ou un « negro », c’est généralement quelqu’un de métis. Un terme qui peu s’employer de deux façons. Une forme tendre, gentille, parfois condescendante utilisée aussi avec un diminutif : « negrita » ou « negrito ».

Mais il existe un autre emploi de cette expression souvent injurieuse et raciste utilisée envers ceux qui viennent du nord du pays, comme Mercedes Sosa, mais aussi de Bolivie ou du Pérou, c’est-à-dire ceux qui ont du sang indien. Car l’Argentine est un pays « presque » blanc, un pays qui se croit européen. Les indigènes accusés des pires choses (*) ont pratiquement tous été massacrés au 19ème siècle par le sinistre Julio Argentino Roca dans ce qui ne s’appelait pas encore de la « purification ethnique ». Un génocide que les argentins ont encore du mal à reconnaître. Je me souviens d’un graffiti dans le centre de Buenos-Aires qui disait : « Mejor un mayo francés que un Julio Argentino ! » (« Mieux vaut un mois de mai français qu’un juillet argentin ! »).

Bien sûr « Negra » n’est qu’un mot, mais dans la société Argentine d’aujourd’hui, il est souvent associé à tous les maux. Parce qu’avoir du sang indigène est souvent synonyme de pauvreté, de violence… La Negra revendiquait ses origines sans aller jusqu’à militer pour un peuple que certains ne veulent plus voir exister. Sa musique n’était pas celle du tango ou du folklore de Tucumán, pas plus que celle des jeunes ou des vieux. Sa musique était métisse et c’était aussi peut-être le sens premier de son surnom de « Negra ». C’est autour de ses chansons que le peuple argentin et plus généralement l’Amérique Latine, pouvait se réunir sans se déchirer.

Mais cette fille de la fête nationale, a aussi épousé, parfois sans le vouloir, l’histoire de son pays. Un peu Péroniste dans sa jeunesse ou à la fin de ses jours avec les époux Kirchner, elle tombe un jour par hasard sur un livre qui éveille son sens social. Elle deviendra je dirais là aussi un peu communiste. Mais jamais elle ne prendra les accents, les rites et coutumes de la gauche de l’époque. Pourtant la dictature la condamnera à s’exiler après lui avoir interdit de chanter. Elle ira vivre à Paris dont elle ne gardera pas un très bon souvenir avant de s’installer rapidement à Madrid, dans l’Espagne de La Movida de la fin des années 70.

Mais même pendant son exil, elle ne se voudra jamais symbole politique mais juste illustration musicale de son époque. Et quelle illustration musicale ! Parce que si métisse était Mercedes Sosa, métisse était sa musique. Elle va suivre tous les courants musicaux. Il serait vain de tenter de vous détailler sa discographie comme le font toutes les nécrologies aujourd’hui. Internet est fait pour cela. Je vous propose quand même l’une des plus belle chansons de Mercedes Sosa qui s’appelle : “¡ Hay un niño en la calle ! ” ( “Il y a un enfant dans la rue”).

Mais la vie de Mercedes Sosa n’a pas été faite que de luttes, d’exils et de musiques. Il y a aussi une dimension humaine qui aura toujours attendri les Argentins.  Un peu indienne, un peu communiste, elle aura aussi été un peu religieuse, rencontrant le pape Jean-Paul II ou chantant au Vatican. Toujours tout faire « un peu » pour toujours rester comme « un oiseau libre », le titre de l’un de ses albums. Ces dernières années, elle apparaissait parfois sur les plateaux de télévisions pour donner des interviews dans lesquels on sentait un autre drame de sa vie : la dépression dont elle a souvent été victime en particulier après la mort de sa mère. Encore un autre symbole fort pour les Argentins : la mère, la famille. Le texte mis en ligne hier matin par ses proches sur son site officiel en est toute l’illustration.

Hier après-midi, au moment où j’écrivais ces mots depuis Buenos Aires, le ciel dominical ensoleillé s’est couvert. Les télévisions diffusaient en boucle les chansons, les concerts, les interviews de la Diva et surtout des images en direct des milliers d’argentins faisant la queue devant le congrès où était exposée sa dépouille. Ils sont restés toute la nuit à attendre. À minuit, comme pour saluer le premier jour sans Mercedes Sosa, des trombes d’eau se sont abattue sur la ville. Mais ça n’a rien changé. Ils ne sont pas rentrés chez eux.

Aujourd’hui le corbillard de Mercedes Sosa a traversé la ville sous une autre pluie, de fleurs cette fois-ci. Mercedes Sosa est « bien » morte et c’est un symbole de plus de l’Argentine qui disparaît. Et l’Argentine, comme beaucoup de pays, a besoin de symboles. Il va être difficile d’en trouver d’autres aussi poétiques, aussi libres, non violents et optimistes. À moins que « Gracias a la vida »…

 

(*) : À ce propos, je vous engage à lire « Trois ans chez les Patagons » d’Auguste Guinnard aux Editions Chandeigne. Celui-ci y raconte sa captivité chez les Indiens d’Argentine où il fût réduit à l’état d’esclave. Peut-être victime du syndrome de Stockholm, malgré ce que ses geôliers lui feront subir, il n’en reconnaît pas moins la force de la culture de ces peuples indigènes…

→ 1 commentaireCatégories : La vie au quotidien...

Après les cafards…

29 septembre 2009 · Un commentaire

À notre arrivée dans cette maison, nous étions envahis par les cafards mais depuis des mois nous n’en avons plus vu un seul. Je me demande parfois s’ils n’hiberneraient pas et s’ils ne vont pas tenter un nouveau coup de force une fois l’été revenu… En attendant, j’ai, sur le conseil de Marie, placé des sortes de petits grillages sur toutes les bouches d’aérations ou d’évacuations des eaux et je crois que cela a sérieusement limité leur progression à moins que d’autres nuisibles n’aient eu leur peau !

En effet, il y a quelques semaines, nous dînions sur la terrasse avec notre amie Heike, quand j’ai vu un petit animal courir sur une gouttière. Il faut dire que je ne sais pas pourquoi mais Heike a le chic pour provoquer ce genre d’événements ! L’année dernière, nous dînions déjà ensemble à la terrasse d’un restaurant quand j’avais vu passer au-dessus de nos têtes des rats circulant en pleine rue sur les câbles téléphoniques ! Donc, voyant ce petit animal, je me suis mis à crier… Explosion de rires… Marcos m’explique alors que ce ne sont que des « lauchas », de gentils petits animaux inoffensifs. Moi, habitué au mot « ratón » qui ne signifie pas rat mais bien souris, je pense à un truc genre petit écureuil ou à un animal local et je ne m’inquiète donc pas trop.

Quelques jours plus tard, un matin je découvre dans la cuisine les croquettes de Peter alignées sur le sol, traçant une ligne bien droite depuis sa gamelle jusque sous la cuisinière. Je pense dans un premier temps à un mouvement de protestations du chien contre les croquettes mais son sens de la géométrie me laisse perplexe ! Quelques jours plus tard, je découvre un trou sous le cadre d’une fenêtre en bois. Un animal a dégagé le passage en laissant des traces. Marcos me reparle alors des « lauchas » et je découvre dans le dictionnaire que cela signifie aussi « souris » ! Marcos commence tout d’un coup à ne plus trouver ces animaux aussi sympathiques. Que faire ? Je tente les traditionnels pièges avec un succès mitigé malgré quelques belles prises !

 

"Souris jolie petite souris !"

"Souris jolie petite souris !"

À la campagne en France j’avais testé avec succès les horribles pièges collants mais impossible d’en trouver ici. Je décide donc devant l’urgence de la situation d’acheter un billet d’avion pour aller en acheter à Paris chez Aurouze, le spécialiste de la dératisation depuis 1872 ! Non, je blague, le voyage à Paris était prévu avant l’arrivée des souris…

Une fois en France, je reçois un appel paniqué de Marcos. Les souris ont envahi la maison ! Elles se sont attaquées à nos réserves en particulier de farine de sarrasin ! S’en est trop ! Si les souris Argentines s’en prennent au patrimoine culinaire breton, il faut réagir. Marcos, lui a déjà réagi dans mon dos. Il a demandé à sa copine « naturiste », grande amie des chats abandonnés dans la rue de lui en trouver un. J’ai beau hurler au téléphone depuis Paris mon opposition à l’adoption d’un chat en plus du chien, des deux canaries, etc. Le mal est fait et « Éros », le nom bien ridicule que Marcos lui a trouvé, est installé dans la maison.

 DSC04807

« Installé » n’est pas vraiment le mot. Le chat a pris possession de la maison ! La nuit, il hurle. Il cherche une femelle ! Du coup le pauvre chat a été castré, mais il continue de me réveiller à 3 heures du matin… Le jour, il vol tout ce qu’il trouve à manger et en particulier la nourriture du pauvre chien qui tente parfois violement de lui faire comprendre qu’il est sur son territoire, mais sans grand succès.

Pendant ce temps, les souris dansent ! Le chat occupant ses journées à manger, il risquerait l’indigestion s’il s’attaquait à une souris qui passerait sous son nez…

→ 1 commentaireCatégories : La vie au quotidien...

“Allo l’automne ! Ici le printemps…”

22 septembre 2009 · 2 commentaires

Alors que vous, dans le « primer mundo », vous entrez dans l’automne, nous les pauvres, ici, nous entrons dans le printemps…C’est la vie !

Le printemps à Buenos-Aires, c’est comme partout ailleurs : une bonne grosse montée de testostérone. Hier, premier jour de cette nouvelle saison, la ville était en fête. Les jeunes, dispensés de classe, avaient envahi les parcs pour y draguer et surtout pour y boire… Depuis quelques jours, les vitrines se remplissent de petites jupes légères et de tee-shirts aux manches courtes. Les (trop rares) terrasses des cafés et les marchands de glaces (beaucoup plus nombreux) font de nouveau le plein.

Comme ancien publicitaire, une campagne de pub a titillé mon œil curieux et un peu vicieux… Deux jeunes hommes se protégeant du virus de la grippe A avec un soutien-gorge, certainement d’une très grande taille ! Dessous, un conseil malicieux : « Au printemps, continue de te protéger » !

 Tulipan

Une très belle et sympathique récupération de toutes les campagnes contre l’épidémie de l’année. Mais une campagne pour qui ? Un fabricant de soutien-gorge ? Non, une marque de préservatifs… Il faut dire que la marque Tulipan est habituée de ces campagnes créatives et parfois chocs comme ces squelettes faisant, désespérément, l’amour !

 postales2

postales4

Ils utilisent aussi parfois l’actualité comme en particulier cette annonce faisant référence à l’interminable guéguerre entre l’Argentine et le Brésil, cette fois-ci pour obtenir une place pour la prochaine coupe du monde de football… Place qui comme pour la France est loin d’être gagnée.

 aviso1

« En ce moment, nous pensons à la revanche ! » est-il écrit. Il faut dire que derrière ce clin d’œil aux Brésiliens, il y a aussi une allusion à l’image très sexe, ici aussi, du Brésil !  La marque Tulipan fait aussi des campagnes de publicité à la télévision, campagnes souvent saluées pour leur créativité. Sur cette page, vous pourrez en voir ou revoir certaines…

Mais avant de parler de sexe, le printemps ici, c’est avant tout une fête. Les restaurants offrent des fleurs aux clientes. Les amis, la famille, les voisins et même les commerçants vous saluent d’un « Féliz Primavera »… Hier, 21 septembre, j’imaginais la tête d’un employé de banque, d’une boulangère ou d’un taxi (un taxi parisien…) un 21 mars à Paris à qui je dirais : « Joyeux printemps » ! Allez, tout de même, je vous souhaite un « Joyeux automne » à vous !

Et puis le printemps, c’est aussi l’anniversaire de « mon chéri»… Eh oui, Marcos est né un 21 septembre ! C’est trop beau d’avoir son anniversaire le jour du printemps, non ? Alors encore une fois: « Joyeux anniversaire Marcos ! »

→ 2 Commentaires Catégories : La vie au quotidien...

La France fête (en retard) le 199ème anniversaire de l’Argentine et (en avance) le bicentenaire !

16 septembre 2009 · Laisser un commentaire

Ce n’est pas tous les jours que l’ont entend la Marseillaise à la télé Argentine et hier elle tournait en boucle ! Il n’y avait pas que la Marseillaise qui tournait en boucle, mais aussi les avions de la Patrouille de France qui nous ont fait un show au-dessus de la ville…

Dans le quartier, les commerçants m’ont demandé s’il y avait une fête particulière en France, enfin s’il existait une raison pour ce show en pleine semaine et j’ai été obligé de leur dire la triste vérité officielle : les Français sont venus pour fêter… le bicentenaire de l’Argentine ! Seul problème, le bicentenaire c’est dans un an ! Alors, j’ai rectifié en prétendant que la France, qui est toujours en avance, était venue fêter avec un peu de retard… le 199ème anniversaire de l’Argentine ! Mais bon, après tout c’est mieux de nous avoir envoyé la Patrouille de France que Sarkozy… Alors soyons chauvins 5 minutes et admirons quelques belles images de cette exhibition…

Enfin, juste un peu chauvin, parce qu’hier, les journalistes argentins, eux, ne cachaient pas leur nationalisme. En effet, le premier passage de la Patrouille de France au-dessus de l’Avenida 9 de Julio (les Champs-Elysées de Buenos Aires), c’est fait aux couleurs de notre drapeau et non de celui de l’Argentine !

Que n’avons-nous pas entendu comme commentaires quasi outragés… Il a fallu attendre quelques minutes plus tard pour voir enfin le bleu et le blanc de la « bandera Argentina » !

Ouf… Nous n’étions pas passés loin d’une guerre entre nos deux pays. D’ici à ce que les Argentins lorgnent du côté de l’île de Ré ou pire de la Corse pour nous refaire le coup des Malouines…

→ Leave a CommentCatégories : La vie au quotidien...

Nous ne sommes que poussière…

8 septembre 2009 · Laisser un commentaire

Ça y est, les premiers travaux ont débuté. Il fallait bien que nous finissions par nous y mettre… Au départ, nous voulions avoir recours à un architecte mais il faut dire que nous n’avons jamais été pleinement convaincus par celles et ceux que nous avons rencontrés. Certains étaient vraiment trop chers, d’autres ne nous parlaient pratiquement que de décoration en oubliant un peu le gros-œuvre, d’autres nous ont oubliés en route et nous attendons toujours qu’ils nous rappellent…  Tous avaient un point commun : aucune assurance ! Oui, en Argentine, un architecte n’a pas d’assurance. S’il restaure votre maison et qu’elle s’effondre ensuite, même si la justice vous donne raison mais que l’architecte n’est pas (ou plus) solvable, vous n’avez plus que vos yeux pour pleurer. Nous continuons quand même de chercher, puisqu’il nous faudra obligatoirement un architecte pour ce qui s’appelle ici « l’habilitation », c’est-à-dire la mise en conformité de tout local commercial.

Donc, les travaux ont débuté… Pour tout ce qui est maçonnerie, c’est Alberto et son équipe, tous paraguayens comme la plupart des ouvriers du secteur de la construction en Argentine. Alberto, entre deux coups de truelle me parle de son pays, le Paraguay qui fut le théâtre de l’une des dictatures les plus dures de la région. Le sinistre Général Strœssner (d’origine bavaroise…) a régné sur ce petit pays pendant 34 ans, « accueillant » bien volontiers les criminels nazis fuyant les tribunaux internationaux comme le sinistre « docteur » Mengele… Mais Alberto me parle aussi de football et en particulier du joueur paraguayen José Luis Chilavert qui aida involontairement la France à gagner la coupe du Monde de 1998…

Alberto travaille avec 3 jeunes maçons avec lesquels il communique pratiquement uniquement en guarani la langue parlée par 90 % des Paraguayens. Une très belle langue, très douce, très chantante comme cette version de l’hymne paraguayen en guarani…

Mais revenons à nos travaux. Alberto s’est tout d’abord attaqué à l’énorme réservoir d’eau en béton armé qui trônait sur notre toit et qui n’était plus utilisable, remplacé par deux grosses « bombonnes » métalliques.

IM000789

Ici, chaque maison, chaque immeuble a se type de réservoir qui se remplit la nuit et permet d’avoir de la pression puisqu’en Argentine, vous ne verrez pas de châteaux d’eau comme en France. Un sacré boulot pour venir à bout de ce gros cube et tout cela à la main.

IM000790

Puis, ils ont commencé à démolir quelques murs, enlevé un escalier pour réunir deux petites pièces pour en faire une salle de bain.

IM000795

Dans une autre pièce, ils ont détruit un mur qui cachait une verrière…

Avant...

Avant...

 

...après !

...après !

C’est là qu’Eduardo entre en jeu. C’est le spécialiste de la restauration de « mamparas », ces vastes fenêtres métalliques garnies de petites vitres de couleur et/ou en relief si typiques de Buenos-Aires. Dans la maison, nous en avons partout ! Eduardo passe ses journées à nettoyer, ressouder, brosser, peindre toute la structure métallique avant qu’il puisse poser les 60 petits carreaux de verre que Marcos a commandé. Une fois que nous aurons fini cette « mampara », nous en aurons d’autres encore plus grandes à restaurer avec plus de 300 vitres à changer !

C’est un vrai bonheur de voir travailler Eduardo tellement il semble autant amoureux que nous de ces « mamparas ». En fait, comme Alberto, Eduardo en aussi bavé. Un jour je lui ai demandé depuis quand il faisait ce travail, persuadé qu’il allait me dire 20 ou 30 ans… Mais quand il m’a répondu que cela ne faisait que 8 ans, j’ai compris qu’il était l’une des victimes du « Corralito », cette quasi-faillite du pays en 2001. En fait, Eduardo dirigeait une entreprise qui a fermé, alors comme beaucoup de gens à l’époque ici, il a fallu continuer de se nourrir et trouver rapidement une reconversion…

Et puis nous avons aussi un autre Alberto qui lui est notre plombier. Un crème cet homme. Jamais de mauvaise humeur, toujours positif. Il nous a installés quelques radiateurs à gaz ainsi qu’un chauffe-eau. Demain il attaque la colonne d’évacuation des eaux usées de haut en bas de la maison, colonne qu’il va entièrement changer.

Pendant ce temps, je continue mon activité principale de décapage des portes et fenêtres. Il faut dire que la politique de Marcos est de tout récupérer. Ainsi la porte de la cuisine du rez-de-chaussée va devenir celle de la salle de bains du deuxième étage, non sans avoir fait quelques essais avant !

 DSC04753

Pendant ce temps, les sacs de gravats s’amoncellent partout dans la maison. Des gravats et surtout de la poussière, beaucoup de poussière qui s’incruste partout surtout dans une maison où une partie des fenêtres a disparu !

La future fenêtre d'une des salles de bains...

La future fenêtre d'une des salles de bains...

Voici donc nos journées rythmées par ce joyeux bordel qu’est la vie au milieu d’une équipe de maçons ou de plombiers, tout cela me rappelant un film avec Carole Bouquet racontant les affres d’un chantier…

Film que j’ai vu il y a quelques mois dans l’avion entre Paris et Buenos-Aires. Je savais que ce film était prémonitoire. Je peux le confirmer aujourd’hui !

→ Leave a CommentCatégories : Notre projet...