Philippe à Buenos-Aires

La grippe A dans un pays de dengue…

25 juin 2009 · Un commentaire

Donc après la dengue, voici la nouvelle collection automne-hiver (très tendance !) de la mode en Argentine : la grippe A… Aujourd’hui les chiffres semblent de plus en plus clairs : nous sommes entrain de rattraper et même de dépasser les autres pays d’Amérique Latine. Le récent exemple de l’équipe de rugby des Barbarians venue jouer (et perdre…) à Buenos Aires contre la sélection Argentine des Puma avec pas moins de 5 joueurs qui sont rentrés en France malades prouve que le virus est bien présent.

Aux dernières nouvelles nous serions même parmi les pays les plus touchés au monde avec 22 morts et pratiquement 1.500 cas. Mais comme toujours ici, surtout à deux jours des élections, les chiffres peuvent prêter à quelques réserves. D’ailleurs, le gouvernement a annoncé il y a peu que les tests permettant de détecter la grippe A, ne seraient plus pratiqués que sur les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou les gens ayant des problèmes de santé graves…

Pour les chiffres mais aussi pour la communication en général sur cette épidémie, les autorités et surtout les médias disent un peu près tout et n’importe quoi ! Tenez par exemple, les mesures de prévention : dimanche pour les élections, les votants devront faire la queue à l’extérieur pour rentrer un par un dans les bureaux de vote « en restant à une distance minimale d’un mètre des autres personnes présentes » ! Il faudra donc avoir le bras long (au sens propre) pour mettre son bulletin dans l’urne…

Les messages de prévention sont ici les mêmes que dans les autres pays, avec quelques variantes. Ainsi le site du gouvernement Argentin indique sur son site que si vous n’avez pas de mouchoir il est conseillé de se moucher à l’intérieur du coude ! Les autorités de Buenos-Aires diffusent aussi des recommandations qui oublient pourtant quelques aspects de la culture locale. Rien sur le maté qui se boit en partageant la même « paille »… Rien non plus sur la bise que tout le monde, hommes ou femmes, pratique à longueur de journée ici…

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Et puis, il y a un facteur tout simple, c’est qu’ici l’hiver vient d’arriver avec un temps assez frais et donc propice aux rhumes et autres refroidissement. Comme en plus le taux de vaccination de la population pour la grippe classique est assez bas, les symptômes assez proches de la grippe A, dès le moindre éternuement les gens courent à l’hôpital. De ce fait, les hôpitaux sont débordés. Les opérations chirurgicales non urgentes ont ainsi été reportées pour libérer des lits.

Même si la grippe A semble n’être au fond qu’une mauvaise grippe, vous finissez toujours par vous dire que quand même ça serait mieux de passer au travers… Mais ici, c’est l’Argentine… Il est quasiment impossible de passer aux travers du moindre éternuement de ce pays, alors pensez, la grippe A !

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Mais que fait la police ?

13 juin 2009 · 2 commentaires

Ce matin, réveil douloureux… En sortant pour promener le chien, plus de voiture devant la porte de la maison ! J’appelle Marcos qui descend en pyjama en me traitant de tous les noms… pensant à une blague. Une fois sur le pas de la porte, il m’engueule de nouveau en me disant :

- ” Tu as laissé la voiture là-bas ! ”

Et effectivement, de l’autre côté de la rue à 50 mètres, se trouve la voiture. J’ai eu un petit doute…. Suis-je rentré bourré la nuit dernière ? Ai-je fait une crise de somnambulisme et déplacé la voiture tout en dormant ? En fait, nous avons bien été victimes d’une tentative de vol… Les serrures et le Neiman ont été cassés, le tableau de bord démonté, mais le système de sécurité électronique a bloqué la voiture après quelques mètres.

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Les voleurs sont donc repartis à pied sans même voler ma boite de Cachou, qu’ils ont quand même goutté sans visiblement l’apprécier !

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Nous voilà donc partis pour porter plainte au commissariat du quartier, plus exactement au guichet de formalités rapides, guichet que comme son nom l’indique devrait être… rapide !

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Mais voilà, comme toujours ici, les choses se sont compliquées ! On en a pris pour 4 heures de démarches… Le policier nous a d’abord annoncé qu’il fallait venir jusqu’au commissariat avec la voiture pour faire les constats qui s’imposent ! Problème, la voiture ne peut bien évidement plus démarrer. Le commissariat a beau être à 200 mètres de la maison, impossible de faire déplacer un policier. Il faut donc appeler une dépanneuse juste pour déposer la voiture devant la porte du commissariat ! Comme je disais au policier :

- ” Si un jour nous sommes victimes d’un cambriolage, faudra vous amener la maison ? ”

Une fois la voiture remorquée devant le commissariat, nous avons droit à la traditionnelle paperasserie. Nous avons eu tout le temps d’écouter les derniers « faits divers » du quartier en voyant arrivé victimes de vols à l’arrachés ou plus grave de vols sous la menace d’une arme. Pas rassurant… Nous avons dû ensuite laisser la voiture devant le commissariat avant qu’un expert ne passe. Pour cela il va falloir être patient ! Peut-être mardi ou jeudi prochain, qui sait ! Au moins, sous la surveillance de la police, la voiture ne devrait pas être volée une deuxième fois… quoique !

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La semaine du bonheur ! (le dimanche…)

31 mai 2009 · Un commentaire

Voilà, ma semaine du bonheur se termine. Bon, une semaine, en Argentine comme partout ailleurs, c’est sept jours… Et me voilà bien embêté ! Au niveau culinaire, j’aurais voulu ajouter les empanadas, sorte de chaussons fourrés à la viande ou au fromage, mais aussi le vin argentin qui est bon et bon marché… J’aurais voulu consacrer un jour à la géographie exceptionnelle de ce pays qui lui permet d’avoir sur son sol tous les climats de monde, du tropical au désertique, du polaire au tempéré… Bien sûr, j’aurais été tenté de vous parler de la beauté de certaines argentines bien plus parfois que celle des argentins… Et là, je ne pourrais pas être taxé de parti pris ! Et puis, l’architecture en particulier de Buenos-Aires, ces maisons splendides qu’avec Marcos nous avons visité pendant deux ans avant d’en acheter une… Et puis, et puis…

Alors, je vais terminer sur une caractéristique essentielle des Argentins : la tolérance… Ce peuple est profondément tolérant. Je parle pour moi qui connais ce pays depuis des années. Je ne crois pas avoir croisé un seul homophobe, ou en tout cas, il ne me l’a pas montré. Je ne crois pas avoir rencontré une quelconque xénophobie en tout cas vis-à-vis d’un européen. Pour les étrangers qui viennent d’autres pays d’Amérique Latine comme le Pérou par exemple, c’est parfois différent… Avec le passé récent de ce pays, avec sa « classe » politique qui bave sa démagogie dès qu’elle ouvre la bouche, on pourrait croire que tout a été fait pour que se peuple se referme sur lui-même.… Ce n’est pas le cas. Cela semble même parfois impossible.

Et pour finir cette « semaine du bonheur », écoutez l’hymne national Argentin dont voici les paroles en français : 

Mortels ! Ecoutez le cri sacré :
« Liberté, Liberté, Liberté ! »
Entendez le son des chaînes brisées,
Voyez trôner la noble Egalité.

Les Provinces Unies du Sud,
Ont maintenant donné leur très honorable trône.
Et tous les peuples libres du monde répondent :

« Au grand peuple Argentin, Bienvenue !
Au grand peuple Argentin, Bienvenue ! »

Et tous les peuples libres du monde répondent :
« Au grand peuple Argentin, Bienvenue ! »

Puisse être éternels les lauriers
Que nous sûmes obtenir,
Que nous sûmes obtenir.
Vivons couronnés de gloire
Ou jurons de mourir glorieusement !
Ou jurons de mourir glorieusement !
Ou nous jurons de mourir glorieusement !

On y parle de liberté, d’égalité mais pas de sang impur qui abreuvent les sillons ! On y parle d’un peuple libre… Alors chapeau les Argentins et « Viva Argentina ! ».

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La semaine du bonheur ! (le samedi…)

30 mai 2009 · Un commentaire

Oups ! J’allais oublier dans cette « semaine du bonheur » de vous parler du tango… C’est en dansant le tango que j’ai rencontré Marcos ! Il faut vous dire qu’à l’origine, il paraîtrait que le tango se dansait entre hommes. La dictature a bien essayé de faire disparaître de la mémoire des Argentins l’image de deux hommes dansant le tango… Mais aujourd’hui à Buenos-Aires, fleurissent les « milongas gays ». Des bals où deux hommes peuvent danser le tango.

Mais le tango n’est pas qu’une danse d’hommes ou de femmes, c’est un mode de vie. Il y a des gens qui ne vivent que par et pour le tango à Buenos-Aires. Pas seulement des professionnels. Des jeunes, des moins jeunes pour qui passer une semaine sans danser le tango serait inconcevable. Nous avons d’ailleurs une amie argentine qui vit à Paris et qui vient régulièrement ici pendant quelques semaines. Elle loge dans un hôtel de « tangueros », hôtel où généralement un espace permet (même dans le hall) d’improviser un pas de deux et elle passe ses après-midi et ses nuits à danser, danser, danser…

Tango pour touristes à la Boca...

Tango pour touristes à la Boca...

Le tango, c’est le rythme, l’esprit du pays mais c’est aussi sa seconde langue après l’espagnol. Alors si un jour vous venez à Buenos-Aires, il va falloir vous y mettre ! Tenez, pour commencer, voici votre première leçon…

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La semaine du bonheur ! (le vendredi…)

29 mai 2009 · Laisser un commentaire

Mon esprit résolument anticlérical et en général profondément hâtée ne peut que vous parler de l’institution nationale qu’est la parilla… un vendredi, jour du poisson ! La parilla, le « barbecue » en bon français, est un rite un peu difficile à adopter au départ. D’abord parce qu’ici, allumer son charbon de bois pour faire griller sa viande ne se fait pas en deux minutes avec une bouteille d’allume feu liquide (d’ailleurs introuvable) mais avec beaucoup de patience, quelques bouts de cageots ou de cartons qu’il faut allumer lentement pour comme le disait Jack London : « Construire un feu ».

Ensuite, il faut laver la viande ! Oui, on passe la viande sous l’eau ici. Et si on a des doutes sur sa fraîcheur, pas de problème on l’asperge de vinaigre ! Puis c’est la cuisson : la viande est toujours bien (trop…) cuite. Il est quasi impossible de manger sa viande saignante à moins de manger avant tout le monde ! Au restaurant, c’est mission impossible, sauf dans les restaurants pour touristes…

Et puis ici, tout se mange. Normal, les Argentins sont les plus gros consommateurs de viande au monde avec plus de 60 kilos par an ! Le morceau le plus grillé est l’asado. Le boucher taille devant vous dans les côtes du bœuf à l’aide d’une grosse scie … Mais il y a aussi les rognons et toutes les tripes qui sont grillées. Après préparation, tous ces morceaux sont posés sur la grille uniquement avec une poignée de gros sel. Ici, pas d’herbes de Provence ! Pas de moutarde non plus, c’est le goût de la viande qui compte en premier. Un goût fort… normal, les vaches qui finissent dans vos assiettes ont vécu à l’air libre en broutant l’herbe de la Pampa.

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