Voici quelques nouvelles de nos aventures en Argentine… dans la chaleur de l’été, ma foi assez supportable jusqu’à ces derniers jours puisque nous n’avons eu que quelques jours au-dessus de 30°, trois gouttes de pluie et toujours ce ciel bleu, d’un bleu… mais n’insistons pas trop pour ne pas trop vous démoraliser ! Pour vous remonter (un peu) le moral, depuis deux jours nous dépassons les 35° avec pratiquement 100° d’humidité, et là, c’est beaucoup plus pénible !
Après un réveillon de Noël agité, nous attendons avec angoisse celui du nouvel an… En effet, ici la coutume veut que chacun, et surtout les plus jeunes et/ou les plus cons, passent leur nuit à faire exploser des pétards et des feux d’artifices dans tous les endroits possibles, depuis les fenêtres, sous les voitures, etc… À minuit pile, le ciel s’embrase, la ville devient une gigantesque explosion et les rues se couvrent d’une brume accompagnée d’odeurs de pétards, d’alcool … et de pommes ! Les Argentins semblent aimer, Peter beaucoup moins !
En effet, j’ai retrouvé ici en Argentine une coutume déjà rencontrée il y a quelques années au Brésil : La bouteille de cidre. Ici la coutume veut qu’à défaut de champagne, les gens trinquent avec une bouteille de cidre (bouteille dont le packaging emprunte le plus de codes possible à nos bouteilles de champagne, mais en plus cheap !). Ça fait un peu « goûter d’enfants au Champomy » !
Sinon, la vie quotidienne à Buenos-Aires n’est pas trop difficile malgré le manque de fromage au lait cru, de foie gras frais et de baguettes chaudes ! Après de graves problèmes avec mon ordinateur (réparé après 10 jours de galère), je peux enfin regarder autre chose que les programmes de la télé Argentine : « El Gran Hermano »… c’est-à-dire le « Loft Story » local ; Ou ceux de TV5 avec « Questions pour un champion » ou « Des chiffres et des lettres ». Heureusement, je peux voir chaque jour la suite « d’Amour, Gloire et Beauté », toujours sur TV5, à 20 heures avec le journal de France 2… Dans le dernier épisode, le petit Nicolas faisait la nique à son Ex depuis Louxor au bras d’un ex-mannequin sans poitrine reconvertie en chanteuse sans voix cherchant sa voie…
Mais nous avons aussi ici quelques nouvelles en « live » de France puisqu’il y a 15 jours le premier ministre français était dans notre rue (eh oui !) pour fleurir la tombe de deux religieuses massacrées par les militaires argentins pendant la dictature. Hier, nous avons vu arriver à Buenos-Aires Zidane qui est allé manger dans un restaurant où nous allons souvent, sans attendre aussi longtemps que lui qui a été obligé de poireauter 20 minutes devant la porte ! La presse s’interroge ici pour savoir s’il va rencontrer l’arbitre Argentin qui l’a exclu de la finale de la Coupe du Monde après son célèbre coup de tête…
Voilà pour les dernières nouvelles du pays des Gauchos et de la côte de bœuf… Du côté de nos projets, les choses avancent.
Petit résumé des épisodes précédents… Nous cherchons depuis plus d’un mois une maison, un immeuble ou un grand appartement pour y installer à Buenos-Aires un « bed & breakfast ». Après quelques dizaines de visites, nous étions restés accrochés à deux pistes :
- Une maison des années 40, avec deux petits jardins, dont un occupant tout le toit…
- Un immeuble superbe au-dessus d’un restaurant célèbre, mais dans un état de délabrement important (l’immeuble pas le restaurant).


Grâce à Olga (mon ancienne professeur d’Espagnol à Paris et qui est une vraie « porteña » !), nous avons rencontré deux architectes qui nous ont déconseillés d’acheter cet immeuble. En effet, la taille des travaux étant difficile à estimer avant l’achat, nous aurions risqué de nous retrouver avec de gros problèmes si par malheur le coût des travaux devait dépasser nos moyens. Par contre la maison des années 40 a continué de nous séduire mais avec quelques points noirs comme le quartier un peu excentré, la proximité d’une tour d’habitation un peu haute et d’une autoroute urbaine, sans que cela ne soit pour nous totalement rédhibitoire. Il faut dire que la maison à vraiment beaucoup de charme.
Nous avons tout de même décidé de continuer nos recherches en visitant des dizaines de maisons, d’immeubles, etc… Une plongée dans la vie quotidienne des « porteños » avec des lieux parfois sordides et d’autres plein de charmes. Parfois un lieu superbe, mais un quartier problématique… comme cet immeuble à côté de l’immeuble « Critica » (qui est la principale école de Cinéma de Buenos-Aires) mais juste à côté de la Gare de « Constitución », l’un des quartiers les plus dangereux ! Parfois les travaux trop importants comme cette maison immense dans le quartier de la Boca, le vieux port de Buenos-Aires, maison tout en bois et sur pilotis… une maison qu’il aurait fallu reconstruire entièrement !
Et puis quelques coups de cœur comme cette maison dans une petite rue pavée très calme, avec dans la cour un immense arbre à avocats donnant des fruits d’un demi kilo… Des plafonds de 6 mètres de haut, une terrasse immense, des petits escaliers partout avec des coursives, enfin la maison typique de Buenos-Aires…




Là aussi nous sommes allés avec une architecte que nous avons rencontré grâce à Olga… Et là aussi, comme le carrosse de Cendrillon, la maison s’est transformée en citrouille ! En effet, trop de travaux, trop de risques… et même l’arbre à avocat, superbe à première vue, allait rapidement poser des problèmes à cause de ses racines qui semblent déjà sous les fondations de la maison.
Et puis, enfin, Le Coup de Cœur… À force de regarder les petites-annonces Marcos à repérer un petit hôtel dont le prix de vente avait baissé, chose assez rare en ce moment… Du coup, son prix devenait tout juste abordable pour nous. Alors nous sommes allés le visiter et je dois dire que cela a fait tilt ! Comme disent les Argentins, nous avons eu « des papillons dans l’estomac » ce qui pourrait avoir comme équivalent nos « frissons » !
Le lieu est assez connu ici, il est dans tous les guides touristiques et nous l’avons même trouvé dans un livre de décoration sur les grands hôtels argentins… Il agit d’un des premiers « hôtels boutiques » comme ils disent… C’est-à-dire un hôtel un peu design, avec un « doigt » de concept, avec des expositions d’art moderne, des soirées avec DJ, etc… Au sous-sol un pub fermé depuis quelques mois, en effet, il y a 3 ans à Buenos-Aires, un très grave incendie a brûlé une discothèque tuant plusieurs centaines d’adolescents. Un drame national. Du coup, les règles de sécurité ont été (enfin…) durcies et comme il manque une sortie de secours dans le sous-sol, le pub ne peut plus être utilisé. Mais la simple construction d’un escalier supplémentaire nous permettrait de le rouvrir. Au rez-de-chaussée, tout est en place pour ouvrir ou plutôt ré ouvrir un restaurant. Au dessus, deux étages de grandes chambres en parfait état et enfin au troisième étage, deux terrasses, une toute petite piscine (à réparer) et de quoi nous faire un petit appart. Il y a même un vieil ascenseur en bois qui marche parfaitement… L’hôtel est à 200 mètres de l’avenue « 9 de Julio », la principale avenue de Buenos-Aires (et paraît-il la plus large du monde !) et à 300 mètres de San Telmo, l’un des quartiers les plus touristiques…
Vous pouvez essayer de voir tout cela sur le site de l’hôtel : http://www.boquitas-pintadas.com.ar .
Bien sûr, après le coup de cœur, il a fallu revenir à la réalité ! Nous avons tout d’abord fait visiter le lieu à l’architecte. Son verdict a été que l’immeuble semblait en bon état malgré un petit problème de fuite (à régler) avec la piscine et peut-être quelques travaux de plomberie pour rétablir une pression de l’eau chaude un peu faible. Enfin rien de grave. Puis, nous nous sommes interrogés sur la baisse de son prix et les raisons de la vente de cet hôtel. En fait, c’est un couple d’allemands qui a ouvert ce lieu il y a quelques années et le mari est rentré en Allemagne, et sa femme doit le rejoindre avec les enfants. Ils ne peuvent donc plus exploiter cet hôtel et je crois que la propriétaire est pressée de rentrer en Europe.
Puis, pendant nos premières conversations avec la propriétaire, celle-ci nous a montré sa comptabilité et ses charges fixes puis n’a pas hésité à nous parler d’un problème avec ce qui s’appelle ici « l’habilitación ». En effet, en Argentine toute boutique, restaurant, hôtel, enfin le moindre commerce doit obtenir de la part de la municipalité une « l’habilitación » pour des raisons de sécurité, d’hygiène, de plan d’urbanisme, mais aussi de concurrence avec les autres commerces déjà en place. Un grand nombre de gens n’en font jamais la demande, en particulier ceux qui font un bed & brakfast. Mais pour moi, étranger, je ne veux pas prendre le moindre risque. Nous nous sommes donc rapproché du service des « l’habilitaciónes » et avons demandé à un notaire spécialiste de ce genre de problèmes de se pencher sur le cas de cet hôtel.
Dans les jours qui viennent, nous seront fixés sur la viabilité d’un tel achat et nous prendrons notre décision. Si nous découvrons un problème grave, c’est avec beaucoup de tristesse que nous abandonnerons ce lieu… Si tout se règle, je pense que nous aurons trouvé vraiment l’endroit que nous cherchions. Il faut dire que cet hôtel à l’avantage d’exister, nous n’aurons pas à partir de zéro puisque même le nom de l’hôtel est dans le prix de vente. Enfin, en attendant une bonne nouvelle du côté de cet hôtel, nous continuons les visites…
En attendant de vos nouvelles, nous sommes très heureux de vous souhaiter avec quelques heures d’avance, une coupe de… cidre à la main, une bonne, heureuse et très chaude année 2008.
« Feliz nouvelle année » !



