Philippe à Buenos-Aires

Entrée de avril 2008

Enfin… Nous l’avons (presque) notre maison !

10 avril 2008 · Laisser un commentaire

Tiens, j’avais jamais remarqué : sur les billets de banque argentins, y’a inscrit : « En union y libertad » !

C’est fou ici, le foie de veau, c’est environ un euro le kilo… moins cher que les échalotes, enfin, si tu trouves des échalotes !

Oups ! En Argentine, y’a 8.000 morts par an sur les routes, contre 5.000 en France, sauf qu’ici il y a moitié moins d’habitants !

Beurk ! Ils viennent de trouver de la viande de chien dans le congélateur d’une pizzeria de Buenos-Aires !

Génial ! Notre ami Ricardo nous a fait découvrir que les copies de meubles de designers célèbres sont ici en vente libre… Du coup un fauteuil à 5.000 euros à Paris s’achète ici à 1.000 dollars.

Vous le voyez, tous les jours, je découvre un peu plus mon pays d’adoption, et parfois il y a des bonnes surprises, parfois des mauvaises… Mais au final, je reste au dessus de la moyenne. Rien que le temps, la météo, c’est un rêve : Actuellement, pour l’équivalent d’un mois d’octobre à Paris, nous en sommes à 25/30° le jour et 15° environ la nuit… et surtout ciel bleu, bleu, bleu… avec du soleil, du soleil, du soleil ! Je voudrais tant vous en envoyer un peu de mon soleil !

En attendant, voici les dernière nouvelles et pour celles et ceux ayant raté les épisodes précédents, un petit résumé :

Marcos, Philippe et Peter (le chien) ont (re)pris l’avion pour quitter la France devant l’avancée des troupes sarkozistes à une époque où les français chantaient quasiment tous en cœur “Président, nous voilà…” (depuis, d’après ce que nous pouvons en lire dans la presse française, il n’y aurait guère plus qu’ un boy’s band en France pour chanter les louanges de ce président !). Dans leurs bagages, du fromage, des casseroles (merci Maman!) et surtout un projet, celui de l’ouverture d’un Bed and Breakfast “pour messieurs” !

Bon, j’arrête de parler à la troisième personne !

Donc, nous avons donc lancé la recherche d’un grand appartement, d’une maison ou pourquoi pas d’un immeuble pour installer notre projet. Et nous avons fait connaissance avec les agences immobilières Argentines… Soupirs ! Les seules agences immobilières au monde qui négocient à l’envers :

Le client : – “Alors cette maison, c’est 100.000 $ sur l’annonce, nous vous en proposons 80.000 $ pour commencer la négociation”.

L’agence : -”Bien Monsieur, nous allons voir avec le propriétaire…”

(X jours, voire X semaines plus tard)

L’agence : – “Alors le propriétaire a vu votre proposition, il ne descendra pas en dessous de 120.000 $!”

Une des premières maisons rencontrées, celle des années 40 avec un jardin sur le toit nous avait enthousiasmé, et même plus. Mais comme c’était l’une des premières (enfin dans les 30 premières, parce que depuis, il est inutile de vous dire que nous en avons vu des dizaines et des dizaines…) et qu’elle était à côté d’une autoroute (sans que celle-ci ne soit vraiment gênant et dans un quartier un peu excentré), nous avons laissé passer le temps, avant de faire une proposition au mois de janvier… Je vous épargne les détails, mais après un accord sur le prix, l’agence immobilière nous a annoncé que la maison était vendue. Donc, finit le jardin sur le toit…

Nous avons eu aussi droit à « l’épisode » de l’Hôtel Boquitas Pintadas (qui ne signifie pas « bouches de pintades », mais qui pourrait se traduire par « lèvres maquillées »…). Pour vous la faire courte (pour une fois) après une proposition trop basse pour la propriétaire allemande, l’agence immobilière est revenue avec (une fois encore) un prix de quelques dizaines de milliers de dollars en plus que le prix proposé dans l’annonce !

En fait, nous avons finit par nous résigner : ici, un étranger qui visite un bien immobilier à vendre, c’est 20% en plus. C’est comme cela qu’il y a quelques jours, nous avons retrouvé notre maison “avec un jardin sur le toit” soit disant vendue (voir plus haut) de nouveau en vente dans une agence immobilière spécialisée dans le client étranger… avec un prix augmenté de 20 % !

Donc, “le jardin sur le toit”, Boquitas Pintadas… OUT ! Et nous avons continué nos recherches… Pour trouver des lieux superbes comme cette maison avec un arbre à avocats gigantesque dans la cour… avec des avocats gros comme des melons et des racines entrain de détruire la maison ! OUT ! Ou cette maison sublime, dans un petite rue pavée et tranquille, si tranquille… trop tranquille pour y installer une quelconque activité commerciale. OUT !

Et puis, notre projet de Bed and Breakfast “pour messieurs” à évolué. En effet, nous nous sommes petit à petit rendu compte que mettre tous nos œufs dans le même panier n’était peut-être pas la meilleure idée. Il faut dire que la fièvre jaune pointe son nez au nord du pays et que la « dingue » a infecté près de 100.000 personnes au Brésil, alors le tourisme, ici, c’est peut-être risqué… Nous avons donc évolué vers un projet plus diversifié ou diversifiable. Notre recherche c’est axée sur un lieu nous permettant à la fois d’avoir quelques chambres pour un Bed and Breakfast “pour messieurs” ET un rez-de-chaussée comportant la possibilité de faire un bar, une boutique, etc.

Pour nous aider dans nos recherches, notre amie Olga (mon ancienne professeur d’espagnol à Paris), nous a permis de rencontrer deux architectes pour nous aider à évaluer l’état des lieux que nous visitions… Et puis, un jour, nous avons trouvé une maison de plus de 500 m2, genre « le Petit Trianon » !

La vérrière...

Un truc de fou avec une entrée aussi grande qu’un hall de gare (enfin, gare de province, faut pas exagérer !) surmontée d’un plafond avec des vitraux, 5, 6, voire 7 mètres au dessus du sol en marbre, une dizaine de pièces toutes aussi hautes de plafond avec des moulures, des boiseries, des faïences aux murs et même, chose rare ici, une grande cave.

Sur le toit une terrasse constructible de 500 mètres carrés… Enfin, quand je vous dis « le Petit Trianon ! Un endroit magique qui était jusqu’à présent loué par un artisan spécialiste des vitraux (ça tombe bien, la coupole en vitraux dans le hall est à restaurer).

Nous sommes retournés là-bas avec nos architectes qui sont tombés en extase devant un tel lieu qui se trouve à 200 mètres de l’Avenida 9 de Julio (l’avenue la plus grande de Buenos-Aires) et du métro, et à 5 minutes à pieds du fameux quartier historique de San Telmo. Certes, ce n’est pas le quartier le plus chic de Buenos-Aires, loin de là… Mais c’est un peu comme le 10ème arrondissement de Paris, faut juste que nous arrivions à faire partir* les pauvres qui y vivent encore ! (* = Humour noir)

La maison date de 1880 et a été construite par une riche famille dont initiales sont encore gravées sur les portes vitrées et nécessite des travaux mais dans des proportions, disons, raisonnables.

Il y reste même des meubles dont un billard qu’il semble que les propriétaires devraient laisser.

Le billard, à nettoyer et à restaurer...

Le billard, à nettoyer et à restaurer...

Bien sûr, il y a des travaux à faire… Je dois dire que nous sommes passés dans une autre dimension en visitant cette maison. C’est un peu comme acheter un château !

Un petit air de Toscane...

Un petit air de Toscane...

Une petite vigne dans la dernière cour...

Une petite vigne dans la dernière cour...

Alors nous avons débuté les négociations, enfin je devrais dire, « ils » ont débuté les négociations puisque Marcos et les architectes ont eu la bonne idée de me… virer ! Cela (voir plus haut !) pour éviter les surenchères… Et franchement cela a fonctionné, puisque nous avons réussit, pardon, ils ont réussit à faire baisser le prix de 20 % environ.

Et, aujourd’hui, l’agence immobilière nous a téléphoné pour nous annoncer que c’était bon. Nous sommes maintenant entrain de lancer les papiers avec le notaire, le transfert des fonds depuis Paris, enfin tout quoi… et d’ici quelques semaines nous devrions débuter notre installation ! En parallèle, je suis en pleine démarches pour mon permis de résident… Et pour être complet, je passe aussi une partie de mes journées en cours intensifs d’espagnol à l’Université de Buenos-Aires (Vous voyez Papa et Maman que finalement, les universités j’y serais allé !) entouré d’une dizaine de gamines et de gamins principalement des USA ! (Pour tout vous dire, j’ai passé 10 jours avant de sortir mes lunettes de lecture, tellement j’avais honte de montrer que je peux plus lire sans !).

Enfin, voilà les dernières nouvelles. Comme vous voyez, les choses avancent. J’espère que je n’ai pas été trop… court !

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