Philippe à Buenos-Aires

Entrée de mai 2008

J’ai trouvé ma nouvelle “Simone” !

19 mai 2008 · Un commentaire

Je crois que c’est depuis le film « Harold et Maud » que j’ai un amour démesuré pour les vieilles dames… Dans une autre vie, il y a 10 ans, j’avais créé un personnage qui a fait les beaux jours de la « bulle Internet » avant qu’elle n’explose : Simone, l’égérie d’Ibazar. La comédienne s’appelait Christine Sandre et après un casting où j’avais croisé quelques « prototypes » de grand-mères acariâtres, j’étais tombé sur le sourire et les rondeurs de cette grand-mère au look doux comme un sucre d’orge.  Nous avons tourné plusieurs films de pub télé…

 

 

 

 

…mais aussi enregistré des spots radio et fait des campagnes d’affichage ou dans la presse de avant que la marque Ibazar ne disparaisse rachetée par l’américain Ebay…

Christine Sandre alias "Simone"

Christine Sandre / "Simone"

Alors ici, quand j’ai vu il y a quelques années mon premier film avec China Zorrilla, je suis tombé en arrêt devant son sourire et sa vie. China Zorilla a 86 ans, tourne encore, fait toujours de la pub, des interviews et n’hésite pas tous les soirs à monter sur scène où on lui adapte des rôles lui permettant de jouer assise… Elle a une voix incroyable, rocailleuse mais pas de ces voix de fumeuses ; vibrante mais pas tremblante comme ces voix de femmes très vieilles.
 
 

 

Une voix qui interdit de voir l’un de ses films en version française. L’un des derniers, « Elsa et Fred » est un bijou… Hier, nous sommes allés la voir dans une pièce : « El diario privado de Adán y Eva » de Mark Twain (« Le journal intime d’Adam et Eve »), un texte ravissant (je n’ai pas tout compris mais ce que j’ai compris était vraiment bien…). A la fin du spectacle, alors que la salle debout battait le rappel comme je ne n’avais pas vu une salle le faire ainsi depuis les concerts de Barbara, j’ai volé cette photo précieuse…

China Zorrilla

China Zorrilla

Il y avait une émotion, une tendresse, quelque chose de fou entre le public et cette femme.

Après le spectacle, nous sommes allés dîner dans un restaurant « L’Edelweiss » à côté de la place de l’obélisque et elle est arrivée accompagnée de sa secrétaire particulière qui l’aidait à se déplacer péniblement pas uniquement à cause de la fatigue, mais aussi parce que chaque table essayait de lui faire la bise, de la toucher, de lui parler, de l’écouter… Elle a bien mis 20 minutes pour atteindre sa chaise.

Notre serveur, nous voyant émerveillés par ce spectacle nous a dit :

-« Mais vous aussi vous pouvez lui dire bonjour !  Attendez quand elle partira, je vous la fais passer par votre table ! ».

Et c’est ce qu’il a fait, à mon grand désespoir, me voyant la fatiguer encore un peu plus. Ca été tellement doux de lui toucher la main, d’écouter sa voix nous parler. Je sais que le jour où elle disparaîtra, je ne serais pas le seul à pleurer dans ce pays.

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Nourrir un français à Buenos-Aires…

9 mai 2008 · 4 commentaires

Voici un thème important voire capital pour un français qui vît à Buenos-Aires : la nourriture… Il faut dire que si l’Argentine est vraiment « Le » pays de la viande (mais aussi celui du vin…), ce n’est pas le pays de la gastronomie. Le problème principal semble venir des matières premières, des ingrédients.

Ici, un marchand de fruits et légumes va vous vendre deux sortes de pommes de terre : des blanches et des noires, ce qui pourrait se résumer à celles qui sont encore pleine de terre – « papas nègres » – et celles qui ont été lavées – « papas blancas » – deux sortes de tomates (des grosses et des petites !), deux sortes de laitues (…et encore) et ainsi de suite. Pour les arrivages, tout est un peu aléatoire. Pendant une semaine vous allez trouver de la ciboulette et puis plus rien pendant deux mois. Et il y a des légumes, des herbes ou des fruits difficiles à trouver ou carrément inabordables… Des navets, des artichauts (ah si, les artichauts, je viens d’en trouver hier, mais des tout petits… et des navets la semaine dernière, mais ils sont énormes et pas très bons), de la menthe fraîche ou du cerfeuil, des endives, de la mâche, des châtaignes, ou même des pommes de terre nouvelles.

Alors, il faut chercher, chercher… L’été dernier, pour faire un taboulé, j’ai trouvé assez facilement de la semoule de couscous, mais pour ce qui est de la menthe fraîche, il m’a fallu un mois de recherches ! En plus, si la ciboulette ou d’autres herbes se congèlent bien, la menthe comme le basilic perd son goût. Ah, le congélateur… un outil très important puisque dès que vous trouver un produit rare, vite, il faut l’acheter et le congeler !

Même problème pour la viande. Faire un lapin à la moutarde ici est un véritable parcours du combattant (pas de lapin dans quasiment toutes les boucheries ou à la rigueur sur commande), pour trouver de la farce pour faire des tomates farcies par exemple, le mieux est d’acheter des saucisses et de les défaire pour en extraire la chaire et la transformer en farce en l’assaisonnant… Au niveau des volailles, à part le poulet, rien d’autre. Je n’ai toujours pas trouvé le moyen d’acheter un canard, quant à faire un magret… Je dois un jour essayer le quartier chinois où (canard laqué oblige) je me demande si je ne vais pas finir par trouver !

Et puis, il y a le problème du pain et du fromage… Ah, le fromage argentin… Soupirs… Une pate molle, sans goût, sans odeur, sans saveur… Alors, à chaque voyage en France, je reviens avec le plus de fromages possible (à l’aéroport, seuls les fromages pasteurisés sont autorisés, mais il existe quelques « ruses » que je vous cacherais ici !), des fromages que je congèle une fois ici. Eh oui, le camembert se conserve très bien dans un congélateur ! Mais au bout de quelques semaines, il n’y a plus de fromages français à la maison, alors, parfois, je me prends cinq minutes pour rêver sur Internet en me connectant sur le site du fromage de Langres : Et je rêve d’une tartine de Langres sur une tranche de pain Poilâne… Il y a peu, une boulanger français de Beunos-Aires (voir ci-dessous la boulangerie L’Epi), expliquait dans une émission de TV5 qu’en Argentine, il ne pouvait pas faire d’aussi bon pain qu’en France parce qu’il n’existe pas de farine de la même qualité.  Mais comme me disait une amie il y a quelques mois parce que je pleurais sur le pauvre sort de mes papilles exilées : -« S’il te manque que du pain et du fromage, c’est que tu n’as pas beaucoup de problèmes pour t’acclimater à ton nouveau pays ! ». Finalement, elle a raison la Marie !

Où trouver quelques produits de qualité et/ou variés à Buenos-Aires :

Le Jumbo de Palermo :Sans doute le meilleur hypermarché (certainement parce qu’il se trouve à côté du quartier chic de Buenos-Aires). Rayon de fruit et légumes spectaculaire pour l’Argentine. Vous y trouverez en permanence quasiment toutes sortes d’herbes. Pour les légumes, le choix est presque complet avec même des spécialités comme ces pommes de terre des Andes, toutes petites, qui se cuisent avec la peau directement à la poêle et dans du beurre. La poissonnerie aussi est bien achalandée. La boucherie propose un large choix et même du lapin… La boulangerie propose quelques pains potables et aussi des croissants qui sans être géniaux, vous assurent un petit-déjeuner digne de ce nom. Pour l’épicerie, vous y trouverez des choses que vous cherchiez parfois depuis des mois : j’y ai trouvé du genièvre pour mettre dans la choucroute, des cornichons qui ne soient pas aigres-doux pour manger avec la charcuterie, des plaquettes de chocolat suisse…

Enfin, et c’est là que cet hypermarché est intéressant : les fromages. Du camembert Président, du brie Président, du fromage de chèvre Président, et même parfois de la raclette ou du Comté… Président ! Il y a aussi des imitations de fromages français beaucoup moins chers parce que fabriqués en Argentine comme des camemberts ou des fromages de chèvre de marque « Cabana Piedras Blancas » (dans un emballage en papier d’Alu). Pour la petite histoire, ils font un fromage de chèvre qui a la forme d’un camembert et qu’ils ont appelé « Cabrambert » contraction (heureuse ou malheureuse) de Cabra (chèvre) et de camembert…

Ah j’oubliais aussi, dans plusieurs Jumbo j’ai trouvé… de la bière Duvel ! L’une des meilleures bières belges, et à un prix pas très éloigné de celui pratiqué dans les hypermarchés français !

Il y a d’autres Jumbos bien achalandés comme celui, en banlieue du centre commercial Unicenter. Près de chez nous, à Caballito, sur l’avenida Acoyte, il y a là aussi un Jumbo avec un peu de choix…

Les boutiques Kalimnos : Il faut faire un saut chez Kalimnos, une chaîne de boutiques de fromages, charcuteries mais aussi d’autres produits étrangers comme de la bière belge par exemple. On y trouve du brie, du camembert et surtout de la raclette ! Bien sûr, il faut avoir eu l’idée de venir ici avec son appareil à raclette (ce que nous avons fait… et si des Français expatriés sympas nous le demande, nous pouvons même le prêter !). La charcuterie est excellente. Mais à chaque visite vous y découvrirez de nouvelles merveilles que vous n’aviez pas remarquées la dernière fois ! Ils ont plusieurs boutiques dont une Avenida Santa Fé et un site internet : www.kalimnosgourmet.com.ar.

La Casa del Queso : Restaurant et épicerie (Avenida Corrientes 3 587), cet endroit offre l’un des plus beaux assortiments de fromages de Buenos Aires avec quasi uniquement des produits élaborés en Argentine. Cela donne quelques surprises comme le « reblochon » qui n’est pas mauvais mais qui n’a de reblochon que le nom ! C’est une sorte de patte coulante entourée d’une « croûte » orange, le tout au goût assez fort proche du munster… Mais c’est bon. Je conseille de le manger en le saupoudrant d’un peu de cumin sur du pain frais de chez Franck Dauffois (voir plus bas…). Ils ont aussi un bon choix de fromages de chèvre ce qui est rare à Buenos-Aires. Le seul point noir semble l’amabilité limitée des vendeurs…

La Boulangerie l’Epi : Deux français, se sont installés il y a quelques années à Buenos-Aires pour ouvrir une boulangerie française digne de ce nom… Ils sont vraiment dans un quartier perdu : Roseti 1769 (Pour ceux qui veulent y aller, la ligne de bus 127 s’arrête devant la porte). Des baguettes, des miches campagnardes, des pains spéciaux, des croissants, des pains aux raisins… Enfin le bonheur, presque le bonheur parce que nous sommes encore loin de la baguette traditions chaude dont vous rêvez quand vous habitez à Buenos Aires, mais avec un peu de chance dans quelques années, ces deux Français vont bien trouver le moyen de nous la proposer… Un article trouvé sur cette boulangerie et un reportage consacré à cette boulangerie et ses fondateurs sur TV5 il y a quelques mois.

La boulangerie de Franck Dauffois : En plein Caballito à 100 mètres du Parque Centenario (Ambrosetti 901), Franck vous accueille très aimablement dans sa petite boutique où vous pouvez dire “bonjour !” ou “kenavo !” au lieu de “Hola !”… Franck, breton d’origine (grand drapeau… breton dans la vitrine !), est à Buenos Aires depuis une dizaine d’années et a ouvert il y a quelques mois une vraie petite boulangerie comme on en trouve partout en France. Il propose du pain et des baguettes mais surtout des croissants au beurre, des pains au chocolat ou aux raisins, des éclairs, des tartes aux pommes divines… Un bonheur pur. En plus la maison est ouverte tous les jours de 8h30 à 20h et le dimanche de 9h à 13h… Un grand merci à Yann pour m’avoir trouvé cette boulangerie à quelques centaines de mètres de la maison !

Valenti : Chaîne de magasins dont un se trouve dans le centre commercial « Patio Bullrich » à Ricoletta. En vente de la charcuterie, des pâtes fraîches, des plats cuisinés, des fromages (beaucoup de fromages type italiens, dont de la mozzarella de Bufala…) et un choix de fromage français dont un reblochon un peu particulier puisqu’il ressemble plus à du Pont l’Evêque comme celui de La Casa del Queso ! Un site Internet permet de voir les produits.

Boucherie Poissonnerie « Morrone » : Moitié boucherie et moitié poissonnerie juste à côté de la station de métro Entre Rios (Avenida Entre Rios 974), d’un côté de la boutique, ont trouve un grand choix de viandes mais surtout du lapin, de l’autre côté un bon choix aussi de poissons, souvent présentés entiers ce qui permet d’en contrôler (un peu) la fraîcheur.

Dietetica Viamonte (Viamonte 859) : Un grand merci à Ricardo et à Nico pour cette adresse et pour leur risotto aux champignons de Patagonie achetés dans cette grande boutique qui fait plus que des produits diététiques… On y trouve aussi un grand choix d’épices (dont du piment de Cayenne), mais aussi des produits surgelés qu’il est rare de trouver ici comme des châtaignes épluchées… Enfin, l’accueil, les conseils, le sourire sont en plus de rigueur. Un plaisir cette boutique.

Au fur et à mesure que je trouverais de nouvelles adresses, je les ajouterais sur cette page…

 

 

 

 

 

 

 

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Emmenez-moi au bout de la terre…

5 mai 2008 · Laisser un commentaire

 

 

Concert de Charles Aznavour hier soir au « Gran Rex », une immense salle de music-hall sur l’Avenida Corrientes… C’est une surprise que je voulais faire à Marcos et un cadeau à sa Maman. En fait Aznavour pour les Argentins de cette génération, comme dans beaucoup de pays, c’est Le Chanteur Français. La Maman de Marcos en parle avec nostalgie… Elle se souvient du disque en espagnol qu’elle écoutait il y a 50 ans. Aznavour est venu pour la première fois en Argentine en 1952, l’année de la mort d’Evita Peron et hier soir il a donné un nouveau (un dernier ?) récital ici.

 

Je ne suis pas un grand fan d’Aznavour, mais il y a quand même quelques chansons qui m’ont marqué. Celle qui hier soir m’a le plus ému, c’est « Emmenez-moi » peut-être à cause de ce couplet qui ici à Buenos-Aires et en général en Amérique Latine sonne comme un hymne :

 

Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil…

 

Et puis entendre la chanson « Je suis un homo » a aussi été un moment particulier. Tout d’abord, je crois que c’est une chanson d’un autre temps, avec un goût rétro et amer… Ensuite, j’ai eu la surprise de découvrir que le refrain n’est pas, comme je l’ai toujours pensé « je suis un homo… Comme ils disent », mais « je suis un homme, oh ! Comme ils disent… ». En fait ce n’est pas tout à fait d’un homo dont il parle mais d’un travesti, enfin, un « drag queen »… comme ils disent aujourd’hui !

 

Spectacle quand même agréable même si le chanteur, peut-être blasé, fait un peu le service minimum sur scène et que, surprise, la salle n’était pas pleine !

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