Voici un thème important voire capital pour un français qui vît à Buenos-Aires : la nourriture… Il faut dire que si l’Argentine est vraiment « Le » pays de la viande (mais aussi celui du vin…), ce n’est pas le pays de la gastronomie. Le problème principal semble venir des matières premières, des ingrédients.
Ici, un marchand de fruits et légumes va vous vendre deux sortes de pommes de terre : des blanches et des noires, ce qui pourrait se résumer à celles qui sont encore pleine de terre – « papas nègres » – et celles qui ont été lavées – « papas blancas » – deux sortes de tomates (des grosses et des petites !), deux sortes de laitues (…et encore) et ainsi de suite. Pour les arrivages, tout est un peu aléatoire. Pendant une semaine vous allez trouver de la ciboulette et puis plus rien pendant deux mois. Et il y a des légumes, des herbes ou des fruits difficiles à trouver ou carrément inabordables… Des navets, des artichauts (ah si, les artichauts, je viens d’en trouver hier, mais des tout petits… et des navets la semaine dernière, mais ils sont énormes et pas très bons), de la menthe fraîche ou du cerfeuil, des endives, de la mâche, des châtaignes, ou même des pommes de terre nouvelles.
Alors, il faut chercher, chercher… L’été dernier, pour faire un taboulé, j’ai trouvé assez facilement de la semoule de couscous, mais pour ce qui est de la menthe fraîche, il m’a fallu un mois de recherches ! En plus, si la ciboulette ou d’autres herbes se congèlent bien, la menthe comme le basilic perd son goût. Ah, le congélateur… un outil très important puisque dès que vous trouver un produit rare, vite, il faut l’acheter et le congeler !
Même problème pour la viande. Faire un lapin à la moutarde ici est un véritable parcours du combattant (pas de lapin dans quasiment toutes les boucheries ou à la rigueur sur commande), pour trouver de la farce pour faire des tomates farcies par exemple, le mieux est d’acheter des saucisses et de les défaire pour en extraire la chaire et la transformer en farce en l’assaisonnant… Au niveau des volailles, à part le poulet, rien d’autre. Je n’ai toujours pas trouvé le moyen d’acheter un canard, quant à faire un magret… Je dois un jour essayer le quartier chinois où (canard laqué oblige) je me demande si je ne vais pas finir par trouver !
Et puis, il y a le problème du pain et du fromage… Ah, le fromage argentin… Soupirs… Une pate molle, sans goût, sans odeur, sans saveur… Alors, à chaque voyage en France, je reviens avec le plus de fromages possible (à l’aéroport, seuls les fromages pasteurisés sont autorisés, mais il existe quelques « ruses » que je vous cacherais ici !), des fromages que je congèle une fois ici. Eh oui, le camembert se conserve très bien dans un congélateur ! Mais au bout de quelques semaines, il n’y a plus de fromages français à la maison, alors, parfois, je me prends cinq minutes pour rêver sur Internet en me connectant sur le site du fromage de Langres : Et je rêve d’une tartine de Langres sur une tranche de pain Poilâne… Il y a peu, une boulanger français de Beunos-Aires (voir ci-dessous la boulangerie L’Epi), expliquait dans une émission de TV5 qu’en Argentine, il ne pouvait pas faire d’aussi bon pain qu’en France parce qu’il n’existe pas de farine de la même qualité. Mais comme me disait une amie il y a quelques mois parce que je pleurais sur le pauvre sort de mes papilles exilées : -« S’il te manque que du pain et du fromage, c’est que tu n’as pas beaucoup de problèmes pour t’acclimater à ton nouveau pays ! ». Finalement, elle a raison la Marie !
Où trouver quelques produits de qualité et/ou variés à Buenos-Aires :
Le Jumbo de Palermo :Sans doute le meilleur hypermarché (certainement parce qu’il se trouve à côté du quartier chic de Buenos-Aires). Rayon de fruit et légumes spectaculaire pour l’Argentine. Vous y trouverez en permanence quasiment toutes sortes d’herbes. Pour les légumes, le choix est presque complet avec même des spécialités comme ces pommes de terre des Andes, toutes petites, qui se cuisent avec la peau directement à la poêle et dans du beurre. La poissonnerie aussi est bien achalandée. La boucherie propose un large choix et même du lapin… La boulangerie propose quelques pains potables et aussi des croissants qui sans être géniaux, vous assurent un petit-déjeuner digne de ce nom. Pour l’épicerie, vous y trouverez des choses que vous cherchiez parfois depuis des mois : j’y ai trouvé du genièvre pour mettre dans la choucroute, des cornichons qui ne soient pas aigres-doux pour manger avec la charcuterie, des plaquettes de chocolat suisse…
Enfin, et c’est là que cet hypermarché est intéressant : les fromages. Du camembert Président, du brie Président, du fromage de chèvre Président, et même parfois de la raclette ou du Comté… Président ! Il y a aussi des imitations de fromages français beaucoup moins chers parce que fabriqués en Argentine comme des camemberts ou des fromages de chèvre de marque « Cabana Piedras Blancas » (dans un emballage en papier d’Alu). Pour la petite histoire, ils font un fromage de chèvre qui a la forme d’un camembert et qu’ils ont appelé « Cabrambert » contraction (heureuse ou malheureuse) de Cabra (chèvre) et de camembert…
Ah j’oubliais aussi, dans plusieurs Jumbo j’ai trouvé… de la bière Duvel ! L’une des meilleures bières belges, et à un prix pas très éloigné de celui pratiqué dans les hypermarchés français !
Il y a d’autres Jumbos bien achalandés comme celui, en banlieue du centre commercial Unicenter. Près de chez nous, à Caballito, sur l’avenida Acoyte, il y a là aussi un Jumbo avec un peu de choix…
Les boutiques Kalimnos : Il faut faire un saut chez Kalimnos, une chaîne de boutiques de fromages, charcuteries mais aussi d’autres produits étrangers comme de la bière belge par exemple. On y trouve du brie, du camembert et surtout de la raclette ! Bien sûr, il faut avoir eu l’idée de venir ici avec son appareil à raclette (ce que nous avons fait… et si des Français expatriés sympas nous le demande, nous pouvons même le prêter !). La charcuterie est excellente. Mais à chaque visite vous y découvrirez de nouvelles merveilles que vous n’aviez pas remarquées la dernière fois ! Ils ont plusieurs boutiques dont une Avenida Santa Fé et un site internet : www.kalimnosgourmet.com.ar.
La Casa del Queso : Restaurant et épicerie (Avenida Corrientes 3 587), cet endroit offre l’un des plus beaux assortiments de fromages de Buenos Aires avec quasi uniquement des produits élaborés en Argentine. Cela donne quelques surprises comme le « reblochon » qui n’est pas mauvais mais qui n’a de reblochon que le nom ! C’est une sorte de patte coulante entourée d’une « croûte » orange, le tout au goût assez fort proche du munster… Mais c’est bon. Je conseille de le manger en le saupoudrant d’un peu de cumin sur du pain frais de chez Franck Dauffois (voir plus bas…). Ils ont aussi un bon choix de fromages de chèvre ce qui est rare à Buenos-Aires. Le seul point noir semble l’amabilité limitée des vendeurs…
La Boulangerie l’Epi : Deux français, se sont installés il y a quelques années à Buenos-Aires pour ouvrir une boulangerie française digne de ce nom… Ils sont vraiment dans un quartier perdu : Roseti 1769 (Pour ceux qui veulent y aller, la ligne de bus 127 s’arrête devant la porte). Des baguettes, des miches campagnardes, des pains spéciaux, des croissants, des pains aux raisins… Enfin le bonheur, presque le bonheur parce que nous sommes encore loin de la baguette traditions chaude dont vous rêvez quand vous habitez à Buenos Aires, mais avec un peu de chance dans quelques années, ces deux Français vont bien trouver le moyen de nous la proposer… Un article trouvé sur cette boulangerie et un reportage consacré à cette boulangerie et ses fondateurs sur TV5 il y a quelques mois.
La boulangerie de Franck Dauffois : En plein Caballito à 100 mètres du Parque Centenario (Ambrosetti 901), Franck vous accueille très aimablement dans sa petite boutique où vous pouvez dire “bonjour !” ou “kenavo !” au lieu de “Hola !”… Franck, breton d’origine (grand drapeau… breton dans la vitrine !), est à Buenos Aires depuis une dizaine d’années et a ouvert il y a quelques mois une vraie petite boulangerie comme on en trouve partout en France. Il propose du pain et des baguettes mais surtout des croissants au beurre, des pains au chocolat ou aux raisins, des éclairs, des tartes aux pommes divines… Un bonheur pur. En plus la maison est ouverte tous les jours de 8h30 à 20h et le dimanche de 9h à 13h… Un grand merci à Yann pour m’avoir trouvé cette boulangerie à quelques centaines de mètres de la maison !
Valenti : Chaîne de magasins dont un se trouve dans le centre commercial « Patio Bullrich » à Ricoletta. En vente de la charcuterie, des pâtes fraîches, des plats cuisinés, des fromages (beaucoup de fromages type italiens, dont de la mozzarella de Bufala…) et un choix de fromage français dont un reblochon un peu particulier puisqu’il ressemble plus à du Pont l’Evêque comme celui de La Casa del Queso ! Un site Internet permet de voir les produits.
Boucherie Poissonnerie « Morrone » : Moitié boucherie et moitié poissonnerie juste à côté de la station de métro Entre Rios (Avenida Entre Rios 974), d’un côté de la boutique, ont trouve un grand choix de viandes mais surtout du lapin, de l’autre côté un bon choix aussi de poissons, souvent présentés entiers ce qui permet d’en contrôler (un peu) la fraîcheur.
Dietetica Viamonte (Viamonte 859) : Un grand merci à Ricardo et à Nico pour cette adresse et pour leur risotto aux champignons de Patagonie achetés dans cette grande boutique qui fait plus que des produits diététiques… On y trouve aussi un grand choix d’épices (dont du piment de Cayenne), mais aussi des produits surgelés qu’il est rare de trouver ici comme des châtaignes épluchées… Enfin, l’accueil, les conseils, le sourire sont en plus de rigueur. Un plaisir cette boutique.
Au fur et à mesure que je trouverais de nouvelles adresses, je les ajouterais sur cette page…