Philippe à Buenos-Aires

Entrée de août 2008

Aujourd’hui, c’est gnocchi !

29 août 2008 · Laisser un commentaire

Si en France, « le vendredi c’est raviolis », en Argentine, le 29 de chaque mois c’est gnocchis ! Non ce n’est pas une Intox© mais une Info© ! Il semble que cette coutume vient en partie des immigrés italiens* qui arrivés au début du siècle manquaient souvent d’argent à la fin du mois. Comme les gnocchis se font avec quelques pommes de terre, un peu de farine et un ou deux œufs, c’était et c’est toujours un plat très bon marché.

 

Donc aujourd’hui, le 29, les restaurants proposent tous leur « menu gnocchis », les boutiques de pates vendent plein de sortes de gnocchis avec des parfums différents. La tradition veut qu’au moment de les savourer on ajoute sous l’assiette quelques pièces ou billets pour s’assurer chance et prospérité. De leurs côtés les hommes de marketing en profitent pendant plusieurs jours avant le 29 de chaque mois pour diffuser des films publicitaires vantant certaines marques de farine ou de sauces en boîtes… histoire de s’assurer eux aussi chance et prospérité !

 

Mais l’histoire des gnocchis ne s’arrête pas là en Argentine. Le mot gnocchi ne signifie pas seulement une spécialité italienne. Un « gnocchi » ici, c’est aussi un employé ou un responsable d’une administration ou d’une entreprise qui n’en fout pas une, qui ne passe son temps qu’à glander. C’est à la limite « l’emploi fictif » que nous connaissons bien en France. Mais alors pourquoi ce surnom de gnocchi ? Parce que cette personne n’a qu’une chose à faire dans le mois, généralement autour du 29, c’est s’en mettre plein la panse autrement dit, toucher son argent, avant de reprendre un nouveau mois sans rien faire !

 

 

 

* : Moi, le dernier italien que j’ai connu, le 29 du mois ca n’était pas gnocchis pour lui mais plus signatures de lettres de licenciements !

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Au secours, c’est la sainte Rose !

27 août 2008 · Laisser un commentaire

Ce matin, j’allume la télé et je tombe sur un journaliste à la mine défaite et au teint blafard criant, accompagné d’un roulement de tambours et de « r » : « Llega la torrrrrrrrrrmanta de Santa Rosa». (-« Marcos, tourrrrrmanta ici ça s’écrit avec 10 ou 20 « r »? »). Puis, le même journaliste nous montrant des images en direct de la ville avec un ciel un peu nuageux, se met à nous expliquer que, comme nous pouvons le voir, « la torrrrrrrrrrmanta de Santa Rosa » arrive !

Inquiet, je demande à Marcos ce qu’il se passe et avec la même mine déconfite, il m’annonce lui aussi que se prépare un terrible événement… « La torrrrrrrrrrrrrrrrrrrrmanta de Santa Rosa » (avec 20 « r », parce que Marcos à souvent tendance à dramatiser). La torrrrrrrrrrrrrrrrrrrrnade de Sainte Rose ? Dans un premier temps me viennent des images de tornades aux Etats-Unis et je me dis qu’il faut tout de suite que je rentre du balcon le cerfeuil dont j’ai ramené les graines de France et que, vu son état, une tornade pourrait définitivement tuer… En plus s’il meurt, les assurances sont tellement mauvaises ici, qu’elles ne me rembourseront même pas les graines.

Pendant ce temps, à la télé, le journaliste poursuit en nous expliquant toujours aussi angoissé qu’il pleut déjà un peu à Mar del Plata (à 400 km de Buenos-Aires…) où il y a un vent très fort, ajoutant effrayé : « D’une vitesse de plus de 50 Km/h ! ». Là, je commence à m’inquiéter sérieusement quant à la véritable gravité de la situation. Il faut dire que « torrrrrrrrrrmanta » est un faux ami de la langue espagnol qui signifie orage… et non tornade !

Orages, ok, mais quel rapport avec Sainte Rose ? En fait, “la tormanta de Santa Rosa” c’est un peu comme les gelées de la période des saints de glace en France… Ici, quelques jours avant ou après le 30 août, date de la fête de Santa Rosa de Lima la patronne de l’Amérique Latine, il est de coutume d’observer de forts orages accompagnés de pluies et de grêle. Cette légende aurait pour origine le déluge qu’aurait provoqué Santa Rosa de Lima alors que des pirates hollandais attaquaient la ville de Lima au Pérou. Plus scientifiquement parlant, ces “orages de la sainte Rose” ont pour origine l’arrivée du printemps avec le passage successif de fronts froids et de fronts chauds… C’est un peu moins poétique, mais cela annonce le printemps et nettoie un peu les trottoirs qui en ont bien besoin.

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Sortie scolaire…

25 août 2008 · Un commentaire

Depuis les sorties scolaires d’il y a quelques années (…), je crois que je n’étais jamais retourné voir une pièce de Molière ! Hier soir, nous sommes allés au Théâtre San Martin sur Corrientes voir « Les Femmes Savantes » (« Las Mujeres Sabias »). Une libre adaptation de Molière avec une pointe de Savary, d’Arias, de comédie musicale et d’Amour Gloire et Beauté ! Un décor et surtout une scénographie superbes. Et beaucoup d’humour comme ce passage sur la fausse faillite de la famille pour éviter le mariage de la fille cadette adapté au goût du jour avec une référence au « corralito » pendant la vraie faillite du pays en 2001.

 

Si vous êtes à Buenos-Aires dans les prochains jours (Ricardo, Niko…) courrez acheter des places : 30 pesos (le prix d’une place de ciné à Paris !).

 

Vous pouvez voir quelques extraits sur cette page (« vidéo » à droite dans le menu).

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Con… ducteurs Argentins ?

24 août 2008 · 2 commentaires

Je ne suis pas un anti-sarkoziste primaire, la preuve (!) : je trouve qu’il y a au moins un domaine dans lequel son action a été positive en France, c’est le changement de comportement des conducteurs français. Il m’arrive même d’en parler avec nostalgie à mes amis argentins. Eux me regardent étonnés de tenter de leur expliquer que la seule solution pour arrêter l’hécatombe sur les routes d’Argentine, c’est la répression un mot qui sonne ici, à juste titre, comme une provocation… Mais franchement, je ne vois pas d’autre solution.

 

Parlons chiffres : le pays à deux fois moins d’habitants que la France et compte pratiquement deux fois plus de morts sur les routes. Dans les faits pour l’étranger qui débarque ici, le cauchemar commence dès la sortie de l’aéroport. L’automobiliste argentin cumule tout ce qu’il est possible de faire pour crever le plus rapidement possible. La ceinture de sécurité ? Disons 10 ou 20% des gens la bouclent. Le portable au volant ? Tout le monde s’en sert en conduisant, enfin ceux qui ont un portable ! Le clignotant ? Jamais, ou alors pour indiquer une autre direction que celle que l’ont va prendre ! Les piétons ? Qu’ils crèvent ! Traverser une rue dans un passage clouté s’apparente au 100 mètres olympique… C’est d’ailleurs incompréhensible de voir dans ce pays l’argent gaspillée pour peindre des passages piétons, alors que pas un automobiliste ne les respecte. Mais la question peut aussi se poser pour les feux rouges. Ici, on passe à l’orange mais aussi au rouge. Comme de l’autre côté, on n’attend pas que cela soit vert pour repartir, les carrefours sont particulièrement meurtriers… Pourtant, la plupart des automobilistes qui grillent un feu ont la « courtoisie » de prévenir ceux qui arrivent de l’autre côté avec une série de coups de Klaxon ou d’appels de phares.

 

La télé diffuse régulièrement des images incroyables d’accidents… comme ce camion chargé de tonnes de citrons qui en plein Buenos Aires, il y a quelques semaines, a raté son virage !

 

 

En cherchant, on trouve plein d’images de ces accidents qui semblent même être des sortes de « trophées » pour leurs victimes…

 

 

L’autre jour, une voiture a même terminé sa course dans un arbre en plein Buenos-Aires ! Mais il n’y a pas que les voitures. Les motards sont encore plus suicidaires ici. Le casque est porté le plus souvent au bras ! Comme cela, en cas de chute, non seulement le motard se fracasse le crâne mais en plus, il se flingue un bras… Il n’est pas rare de voir une famille entière (sans casque) sur sa moto, enfants en bas âge compris, et cela pas toujours pour des raisons économiques. Effrayant.

 

Au milieu de tout cela, les pouvoirs publics ne semblent pas seulement impuissants, mais surtout incompétents. Personne ne souhaite prendre ses responsabilités. Un flic peut passer 8 heures au bord d’un carrefour, vous ne le verrez jamais siffler un automobiliste qui grille un feu ou un motard qui circule sans casque… Remarquez, s’il se met à faire cela, son sifflet sera hors d’usage au bout de deux heures ! Les campagnes de prévention sont ridicules quand elles ne sont pas risibles. Pour le port du casque, une campagne télé montre un micro-trottoir dans lequel des anonymes vous expliquent toutes les raisons de ne pas le porter (« Ca décoiffe » ; « Fait chaud dedans » ; etc.) pour seulement à la fin vous dire que « quand même, c’est dangereux de ne pas le mettre » !

 

Cette folie meurtrière touche tous les âges, tous les sexes… Il semble qu’un Argentin, une fois assis devant un volant devienne une sorte de fou moitié assassin, moitié suicidaire. C’est peut-être pour cela que les organisateurs du « Paris-Dakar » ont choisi Buenos-Aires pour sa prochaine édition !

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Fable : « Le bébé, la poubelle et la chienne… »

23 août 2008 · Un commentaire

En ce week-end ensoleillé, toute l’Argentine pleure sur cette fable : « Le bébé, la poubelle et la chienne ». En effet, hier, un bébé de quelques jours abandonné par sa mère a été retrouvé près de La Plata (capitale de la province de Buenos Aires) après avoir été recueillit dans une poubelle… par une chienne ! Le bébé, la poubelle et la chienne… Le (avec un « L » majuscule) Casting (avec un « C » majuscule) PARFAIT (tout en majuscules !) pour la télé Argentine… Ça fait deux jours que les caméras tournent et tournent… Les présentateurs de journaux, la larme à l’œil nous racontent et nous re-racontent la scène (s’ils pouvaient nous la mimer !) de la chienne faisant de la place au bébé au milieu de ses chiots…

 

Aujourd’hui ça c’est bousculé un peu plus puisqu’ils ont retrouvé la mère… Et là BINGO, la mère a 13 ans ! Donc cela signifie qu’après avoir tenté d’interviewer l’animal, cette « chienne » qui a refusé de s’exprimer clairement comme le bébé lui-aussi qui s’est contenté de quelques gazouillis (il va très bien, il a juste quelques morsures sur le corps dus aux crocs de la chienne qui le déplaçait…), ils vont surement réussir a avoir la mère (indigne) du bébé et la mère (re-indigne) de la mère du bébé… Tout cela me rappelle Catherine Barma et Pascale Breugnot !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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