Non, je ne blague pas !
Je me trouvais l’autre jour par hasard place San Martin, en plein cœur de Buenos-Aires quand je suis tombé sur une cinquantaine de « soldats de plomb » bien alignés ! Les Argentins ont le chic pour habiller leurs soldats d’apparat comme des soldats de comtes de fées…
Donc, place San Martin, une place qui, pour la petite histoire, sert souvent de décor à des films de pub en particulier français comme celui pour notre TGV où des voyageurs volent dans les airs avant d’atterrir… sur cette place en plein Buenos Aires ! (Il est formidable notre TGV !)
Pourquoi cette place ? D’abord parce que cela fait toujours plaisir aux créatifs des agences de « vieille pub » du « premier monde » (J’en ai croisé quelques-uns comme ce petit gros directeur de création qui sévit sur les Champs-Élysées…) de s’offrir un beau voyage gratuit à l’autre bout du monde… Ensuite, coup de pot pour ces « pubeux », la place San Martin ressemble à beaucoup de places de préfectures ou de sous-préfectures françaises et cerise sur le gâteau les salaires et surtout le droit à l’image des figurants argentins permet de récupérer sur le budget du film les billets d’avion en business, les hôtels cinq étoiles (etc…) de ces mêmes « pubeux » !
Mais revenons à notre roi de Jordanie ! Donc, arrivé devant cette mini-relève de la garde, je reconnais quelques drapeaux jordaniens accrochés aux côtés de très nombreux drapeaux argentins. Visiblement notre roi de Jordanie se déplace sans son « kit voyage officiel » complet ! À l’évidence, ils ont certainement dû avoir du mal à trouver plus de trois drapeaux jordaniens dans tout Buenos Aires… Vous l’avez compris, il y avait bien de la visite officielle dans l’air, mieux de la visite royale…
Après quelques minutes d’attente, nous avons vu arriver notre petit roi (petit mais beaucoup moins gras que notre directeur de création susmentionné !), sans sa charmante femme, la Princesse Rania, sorte de « Lady Di » du Proche-Orient… Notre petit roi est alors passé à deux mètres de nous, sans tout de même daigner nous serrer la main mais en nous adressant un large sourire (Je crois que les relations entre la France et la Jordanie sont au beau fixe, en tout cas, son large sourire à mon égard semble en avoir été le signe indiscutable). Certes, pour être honnête, il faut vous dire que nous ne devions pas être beaucoup plus d’une centaine de badauds à le voir passer.
Mais le plus étonnant dans ce mini-défilé royal reste la quasi-absence de service de sécurité. À Paris, une telle visite aurait impliqué plusieurs tireurs d’élite sur les toits des immeubles alentours, un quartier totalement bouclé et une dizaine de cars de CRS… Ici, rien de plus que nos « soldats de plombs » armés de beaux sabres, deux policiers en uniforme et quelques costards sombres visiblement plus préoccupés par le respect du protocole par l’hôte de marque que par un quelconque danger… Le roi de Jordanie n’est peut-être pas dans le « Top Ten » des chefs d’états menacés par un attentat terroriste mais il n’en est pas loin…
En tout cas, espérons que notre roi de Jordanie avait laissé son portefeuille dans le coffre fort de sa chambre d’hôtel ! Peut-être aussi que sa femme ne l’a pas suivie par peur d’être la victime d’un vol à l’arraché de son sac à main ? Moi, j’ai bien fait attention à mon appareil-photo, à mes poches, à mon sac, à mes chaussures… parce que dans la centaine de badauds, il y en avait bien un bon quart qui n’était là que pour faire les poches de celles et ceux trop occupés à regarder notre petit roi passer !
C’est comme cela la douceur de vivre à Buenos-Aires.


