Philippe à Buenos-Aires

Entrée de janvier 2009

Ni ange, ni gardien !

31 janvier 2009 · Laisser un commentaire

Abelino nous a quitté !

 

Vous vous souvenez, il était en charge de la garde de notre maison la nuit pour éviter qu’elle ne soit squattée avant notre installation. Il faut dire qu’Abelino en quelques jours nous en a fait voir de toutes les couleurs.

 

Un jour il arrive à minuit en nous expliquant qu’il a été retenu par son église (rappel : il est évangéliste…). Un autre jour, il se fait voler toutes les clés de la maison dans le train, mais seulement nos clés… Du coup obligés de trouver en catastrophe un serrurier pour tout changer… Enfin hier soir, il arrive (encore en retard) et demande à nous parler :

 

-« Je vous pose trop de problèmes, je ne vais pas continuer ici… »

 

C’est clair qu’il nous en pose des problèmes, mais son départ nous en pose encore plus ! Nous tentons de le convaincre de rester encore quelques jours. Moi j’opte pour le discours évangéliste :

 

-« Tu nous racontes la même chose que Pons-Pilate ! Tu t’en vas et nous restons avec les problèmes que ton départ nous posent… »

 

Mais rien n’y fait. Nous le payons sans même lui retenir le prix des serrures changées par sa faute… Son départ précipité nous oblige un déménagement tout aussi précipité (heureusement que nous avons une voiture !) pour passer notre première nuit avec les cafards. Par chance, il semble qu’ils aient déserté le deuxième étage.

 

Nous ne reverrons pas Abelino, qui n’était ni ange ni gardien, mais il me restera tout de même un doute : ne serait-il pas parti parce qu’il a compris, ou on lui a fait comprendre, qu’il était entrain de garder la maison d’un couple homo ?

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Après la maison… la voiture !

30 janvier 2009 · 2 commentaires

Cela fait un an et demi que je dis à Marcos qu’il nous faut une auto pour sortir par exemple de temps en temps de cette ville et marcher avec le chien dans la campagne ou encore aller chercher de très d’hypothétiques membres de la famille ou amis à l’aéroport… Marcos était plus que réticent même si avec l’achat de la maison et les futurs travaux cela devait devenir vraiment nécessaire… enfin de mon point de vue. Lui envisageait un déménagement par le biais du métro ou à la rigueur en taxi ! Non je blague, enfin juste un peu. J’ai quand même pris l’autre jour le métro avec une table (certes pliante…) et deux tabourets !

 

Donc Marcos était réticent, mais il avait quand même accepté l’année dernière de passer (de payer…) son permis de conduire. Et puis, il y a quelques jours, il croise un vieux copain dans la rue. Hasards de la vie, le copain cherche à vendre vite, très vite, sa voiture. En effet, pour cause d’inflation, s’il ne signe pas et surtout ne paie pas sous trois jours l’achat de la voiture neuve qu’il a commandé, il perd quelques milliers de dollars puisque les prix vont augmenter.

 

Un peu coincé, le copain nous fait un bon prix pour une voiture estimée 20 % plus cher. Comme Marcos aime bien les rabais, il finit pas se laisser convaincre. Mais acheter une voiture en Argentine n’est pas qu’une histoire de prix. Il faut du temps, beaucoup de temps… Tout d’abord le bureau X de la rue machin vous envoie au bureau Y de la rue truc pour le papier X que le bureau Z vous réclamera peut-être…

 

Le modèle n’est pas des plus récent puisqu’il date de 1999. C’est une Chevrolet Corsa (en France c’est une Opel Corsa) mais fourgonnette, enfin « break ». Un croisement entre une Renault Kangoo et une Corsa, si vous voulez. C’est grand et c’est un diesel qui ne consomme quasiment rien. Par contre, comme c’était une deux places au départ, le propriétaire a fait poser une banquette rabattable à l’arrière et a rajouté deux fenêtres ! Bon, on est loin de la l’Audi TT de fonction du publicitaire parisien… Mais ça roule !

 

Après être passé par le bureau A de la rue bidule, nous voilà en routent pour les locaux de la police de Buenos Aires où le contrôle technique obligatoire doit se faire.  Un contrôle technique en Argentine ? Quand je pense à l’état de certaines « poubelles » qui roulent sur les routes ici… Il doit y avoir un truc.

 

Donc le propriétaire nous a proposé de l’accompagner pour constater par nous-même du bon état de la voiture. Oui mais voilà, de « contrôle technique » nous n’en verrons pas grand-chose. C’est tout juste si les flics ont ouvert le capot. Non, ce qui les a intéressés, ce sont les deux fenêtres posées sur le modèle d’origine. Un grand problème ces deux fenêtres, un très très gros problème… Et c’est avec cet énorme problème que je vais comprendre et surtout voir « Le Truc ». Au guichet, le « fonctionnaire » fait la gueule en regardant le copain de Marcos cherchant à le convaincre. Non, il semble totalement impossible que ces fenêtres posées en parfaite légalité, dans un atelier agréé passent le contrôle technique. Je nous vois déjà entrain de les reboucher avec des parpaings !

 

Puis soudain, au milieu d’une phrase dans laquelle j’entends le mot « propina » (« pourboire »), je vois en un éclair, comme dans un jeu de bonneteau, passer un billet de 20 pesos (moins de 5 euros) de la main du copain à celle du « fonctionnaire » pour terminer sous la pile de dossier. Tout le monde retrouve le sourire, le « contrôle technique » est passé et croyez-moi si vous voulez mais après toutes ces années en Argentine, c’est la première fois que je vois de mes yeux un flic se faire offrir un « pourboire », enfin pour parler plus clairement c’est la première fois que j’ai le nez sur ce qui s’appelle de la corruption. Et moi, j’ai perdu mon sourire. Cela pourrait paraître bizarre en particulier à un Argentin, mais j’ai trouvé cette scène très violente.

 

Enfin, pour positiver, nous voilà avec notre voiture. La prochaine fois que je passe en France, je vais faire une razzia chez les vendeurs d’autocollants en tout genre ! Les amis, la famille, si vous en voyez des drôles, n’hésitez pas à me les mettre de côté.

 

En attendant, me voilà à mon tour con… ducteur Argentin ! Je vous raconterai cela le plus heureux de tous, je crois que c’est Peter qui a retrouvé les bonnes habitudes de ses ballades le nez au vent par l’une des fameuses fenêtres qui ont passé le « contrôle technique ». Lui aurait bien été capable de donner au « fonctionnaire » son assiette de croquettes au poulet pour que l’on ne lui retire pas ses fenêtres !

 

autopeter

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Notre « ange » gardien…

27 janvier 2009 · Un commentaire

Notre lutte contre les cafards continue. Après une accalmie, ils s’excitent de nouveau. Moi, je me professionnalise ! Ne plus les écraser d’un coup de talon (c’est ce qu’ils disent sur Internet) parce que si c’est une femelle, vous mettez des œufs partout après… Chercher tous les recoins dans les murs, les plaintes, les prises pour y mettre quelques gouttes de mon gel insecticide qui devrait déjà avoir tué tous les cafards de Buenos Aires, vu la quantité appliquée dans la maison… De partout nous viennent des messages d’encouragement… Non je blague, mais le combat continue !

 

Pendant ce temps, nous progressons lentement dans le grand nettoyage. En plus, la chaleur est étouffante en ce moment. Un travail de titan tant la maison est pleine de cochonneries en tout genre. Allez, pour la route, après les cafards, vous voulez voir une autre de nos découvertes ?

 

 

Ca devient gore ce blog !

Ca devient gore ce blog !

Vous pouvez imaginer mes cris quand je suis tombé nez à nez avec ce rat mort et totalement sec !

 

Le soir nous attendons Abelino qui nous relaie pour la nuit dans la maison. Abelino, petit homme à la peau mate, avait été embauché par l’agence immobilière pour éviter que la maison ne soit squattée. Comme nous pensons attendre quelques semaines avant de nous installer, nous l’avons repris pour qu’il continue sa surveillance.

 

Abelino n’a pas d’âge ou plus d’âge. Il est possible qu’il ait entre 30 et 60 ans, mais rien ne permet de vraiment parvenir à la moindre certitude. Le jour, il vit de petits boulots, du jardinage, du terrassement et la nuit du gardiennage. Il est de la province de Buenos-Aires, ce qui peut signifier à quelques kilomètres d’ici, puisque la Capitale Fédérale qui est uniquement la ville de Buenos Aires est entourée, les argentins diraient « cernée », par la province de Buenos Aires, toute autre entité administrative avec sa capitale (La Plata) et son gouverneur… Disons qu’ici, quand un porteño parle de « quelqu’un de la province » (« Es de la Provincia »), c’est un peu comme un habitant du XVIe arrondissement qui parlerait de quelqu’un de Sarcelles !

 

Mais revenons à Abelino qui après avoir eu quelques problèmes avec l’alcool est devenu évangéliste… Quand on lui parle, il est clair que son Dieu ne lui a pas fait que des cadeaux. Il semble même que sa dure vie se soit directement servie sur sa personne puisqu’il lui manque la quasi-totalité des dents de devant et un doigt. Il lui manque d’autres choses aussi, enfin disons qu’il est « un peu à l’ouest »…On comprend qu’il soit une parfaite recrue pour les églises évangélistes qui pullulement ici.

 

Le soir, il sort son petit poste de radio et l’écoute assis devant la porte de la maison, sur le trottoir en discutant parfois avec les passants. C’est un peu notre « ange » gardien ! Enfin, disons que c’est plus un gardien qu’un ange… Quoique son église évangéliste fera peut-être des miracles. Qui sait ?

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Nous survivrons à toutes les guerres !

26 janvier 2009 · 2 commentaires

Donc, nous y voilà… Les clés de La Maison dans une main, un balai dans l’autre. Enfin, un balai mais aussi des serpillières, des éponges, de l’eau de Javel, des sacs-poubelles et surtout, innocents que nous sommes, une bombe d’insecticide contre les cafards ! Parce que la première surprise en arrivant a été de trouver le sol de la maison jonché de dizaines, pour ne pas dire de centaines de cafards morts mais aussi quelques-uns encore bien vivants…

Tout le monde s'éclate, à la queue leu leu !!!

Tout le monde s'éclate, à la queue leu leu !!!

Petite (pour une fois) parenthèse. Cafard en espagnol se dit  ”cucaracha” comme dans une autre très célèbre chanson :

“La cucaracha, la cucaracha,

Ya no puede caminar,

porque le falta,

porque no tiene,

las dos patitas de atrás…”.

 

“Le cafard, le cafard…

Il ne peut pas marcher,

parce qu’il lui manque,

parce qu’il n’a pas,

Ces deux petites pattes arrière…”

Ici, le cafard qui est du genre féminin (la cucaracha) et non masculin ne semble pas aussi mal vu qu’en France peut-être grâce à cette chanson d’origine mexicaine…

Toutefois attention ! Quand je vous parle de  ”cafards”, je ne vous parle pas de ces petites bêtes d’un demi-centimètre maximum, grassement nourris par les vide-ordures de certains immeubles de Paris ou de la banlieue parisiennes (suivez mon regard !). Non ici Le Cafard fait dans les 2, 3 et parfois pas loin de 4 centimètres.

La prochaine fois, je fais la photo à côté d'un mètre !

La prochaine fois, je fais la photo à côté d'un mètre !

Il n’est pas du genre trouillard comme ces collègues du « primer mundo », il est même parfois limite agressif. Il est chez lui et tient à le faire savoir… D’ailleurs nos bombes insecticides semblent lui faire autant d’effet qu’une effluve d’aérosol de la marque Axe sur une américaine !

Donc, comme il est prévu que d’ici quelques semaines nous vivions dans cette maison et non que nous y  ”cohabitions” avec une armée de blattes, je me suis penché avec pour l’instant un résultat mitigé sur leur sort. Sur Internet, les conseils sont nombreux, mais il semble que le mieux soit encore ces petites seringues d’un gel dont il faut parsemer les lieux de passages de nos ennemis. J’en suis à une trentaine de seringues et si le nombre des combattants du camp adverse semble avoir baissé, la bataille va visiblement durer encore quelques semaines. Au pire, nous pensons en finir en essayant une entreprise spécialisée parce que franchement j’ai pas envie de prendre deux fois ma douche avec un cafard, comme cela a été le cas hier !

La guerre semble donc loin d’être gagnée et comme le disait l’autre jour Nelida (ma belle-mère), avec une pointe de fatalisme et beaucoup de pessimisme :  Les cafards sont les seuls animaux qui survivent à toutes les guerres !”

Catégories : Notre projet...

« Marcos, cette nuit, j’ai rêvé que je signais un truc… »

18 janvier 2009 · Un commentaire

Donc, dans la rubrique « Notre projet », nous en étions au mois de novembre dernier à négocier l’achat d’une maison de 600 m2 avec des trous dans le plancher… La négociation a été rapide pour une fois ! L’agent immobilier, à première vue, un peu plus « commerçant » que les autres nous assurait, nous promettait, nous certifiait, nous jurait, (etc.) de pouvoir obtenir 20 % de rabais auprès des vendeurs ce qui rendait le prix acceptable compte tenu des travaux importants à faire. Deux jours plus tard, il nous annonçait sans l’ombre d’un début de mea-culpa que les vendeurs ne baisseraient pas d’un dollars leur prix !

Faut quand même être un sacrément mauvais agent immobilier pour ne pas savoir faire comprendre aux vendeurs d’une maison, alors que l’immobilier n’est pas au mieux de sa forme, qu’il faut au moins prévoir quelques pourcents à la baisse pour qu’une négociation sérieuse s’engage surtout quand la maison est dans un tel état… Enfin, « Anda la mierda », comme ont dit ici…


Pendant ce temps, la « maison aux vitraux » s’éloignait de plus en plus même si pour moi, le « deuil » de cet endroit si beau n’est pas encore fait. Notre avocat, pourtant grand optimiste, n’y croit plus. Cette maison finira démolie comme une partie du patrimoine historique de Buenos-Aires et les familles Seligmann et Serantes (j’ai décidé de balancer leurs noms, ça soulage !) auront modestement participé à ce massacre avec leur égoïsme de petits bourgeois…

Donc, nouvelles visites… Nouvelles agences immobilières… Un horrible immeuble à San Telmo donnant par une cour commune sur les couloirs d’un « hôtel familiar », le tout cerné par un énorme terrain vague sur lequel plusieurs immeubles doivent être édifiés…


- « Marcos, c’est quoi ce bruit ? »

- « C’est rien, juste les marteaux-piqueurs des travaux à côté ! »

- « Marcos, c’est quoi ces lézardes dans le mur de la chambre ? »

- « C’est rien, juste le parking souterrain qu’ils creusent ! »


Nous avons donc repris nos visites… Plus d’un an à visiter des grandes, des petites maisons, des grands, des petits taudis, des palais généralement petits, des ruines généralement grandes, de tout… Mais toujours dans les quartiers sud de Buenos-Aires.


Je dois faire ici une petite parenthèse (oui, je sais, une de plus… Je ne sais pas faire court…). Buenos-Aires est une ville coupée en deux, un peu comme Paris avec la « rive droite » et la « rive gauche ». Sauf qu’ici, la limite, pour ne pas dire la « frontière », c’est « l’avenida Rivadavia. D’un côté de cet axe important (un énorme boulevard à la circulation impressionnante) se trouvent les quartiers dit « quartiers nord » et de l’autre les « quartiers sud ». D’un côté, au nord, les riches et de l’autre les pauvres et je ne caricature presque pas. Il y a des gens qui ne franchissent jamais cette « frontière », surtout ceux du nord ! Du coup, l’immobilier voit les prix s’envoler dès que l’on passe au nord, dès l’avenue Rivadavia traversée. J’avais au départ pensé que notre intérêt, même s’il était de se rapprocher des « quartiers nord », était de rester du « mauvais côté » de l’avenue Rivadavia, afin d’avoir une plus grande surface et un meilleur prix…


Mais bon, plusieurs annonces de l’autre côté de cette avenue Rivadavia ont retenu notre attention. Des maisons plus petites : 300, 400 m2. Alors nous y sommes allés. Et tout d’abord, nous avons trouvé une maison un peu folle, aménagée par un dame un peu « barrée » !


Au rez-de-chaussée, un petit living ouvrant sur une jolie petite cour pavée pleine de plantes… Un living traversé par une passerelle en métal, passerelle d’une utilité toute relative. Dans les étages, plein de petites pièces desservies par un escalier sombre dans lequel ont été insérées des amphores ! Comme je suis curieux, pendant la visite, je glisse la main dans les amphores et j’y découvre de la terre… C’est la dame de l’agence immobilière (dont je vous parlerais plus tard…) qui me donne l’explication : au-dessus de chaque amphore, une lampe a été installée et cette lampe permet de faire pousser des plantes avec des ampoules spéciales ! Tout dans cette maison est un peu comme cela. Les toilettes, bonjour la discrétion, ont un mur en brique de verre ou la cuisine est… au dernier étage, sous les toits ! La chambre de la « maîtresse de maison » donne sur une salle de bains avec une immense baignoire Jacuzzi face à laquelle se trouve un lavabo, permettant peut-être de se laver les dents en admirant son amant barboter dans la mousse (ou le contraire !).


Le quartier est très chic, la maison ne manque pas de charme même si les aménagements font un peu penser à une « albergue transitorio » . La vendeuse de l’agence immobilière est aussi « barrée » que la propriétaire que nous n’avons pas rencontré. Elle nous expliquera avoir des acheteurs très intéressés pour y installer un… club échangiste ! C’est vrai que le décor s’y prête. Elle passera deux heures à nous raconter sa vie, ses amis homos, ses amours, ses deux « porte-clés » (en fait deux petits chiens minuscules dont je n’ai pas réussi à voir la « marque » derrière les vitres fumées de son gros 4X4 garé sur le trottoir !).


Si cette maison est parfaite pour y vivre, impossible d’y installer un quelconque commerce à mois de la refaire entièrement, ce qui coûterait une somme folle en plus de son prix déjà élevé. Alors nous avons dit non et repris nos visites.


Et puis un jour Marcos repère une annonce dans un journal gratuit je crois… Enfin, pour une fois pas sur Internet. Souvent ces petites annonces proposent comme seul contact des horaires de visites. Comme c’était un dimanche et que ce jour-là les agences immobilières ne travaillent pas, nous sommes donc allés sur place. Là aussi il s’agit d’une maison du côté nord de Rivadavia et donc une surface moins importante, autour de 350 m2. C’est un vrai petit immeuble avec une boutique au rez-de-chaussée (une librairie encore ouverte à l’époque de notre première visite mais fermée depuis… ) et deux étages au dessus, et enfin le classique toit en terrasse typique à Buenos-Aires. Comme la précédente maison, les pièces y sont petites pour ici. Souvent à Buenos-Aires, les grandes maisons ont été découpées pour y aménager plusieurs pièces dans une grande.

Je dois dire qu’à la première visite je n’ai pas été enthousiaste sur la maison en particulier parce qu’elle possède 3 niveaux pour moins de 350 m2 au total, ce qui signifie un espace assez limité pour le rez-de-chaussée, la partie que nous voudrions commerciale. Pour vous donner un exemple (pour ceux qui suivent !), la « maison aux vitraux » avait un rez-de-chaussée de près de 500 m2… Marcos, lui est enthousiaste. Le quartier, il est vrai très sympa, la façade, le style, les étages supérieurs, tout lui plaît.

Quelques photos:

Un bout de la façade entre deux arbres...

Un bout de la façade entre deux arbres...

L'escalier principal et la porte d'entrée en fer forgé...

L'escalier principal et la porte d'entrée en fer forgé...

Le hall d'entrée d'un étage...

Le hall d'entrée d'un étage...

L'une des chambres... à restaurer!

L'une des chambres... à restaurer!

Mais il y a pas mal de travaux à faire et l’agent immobilier nous dit dès le départ qu’une négociation pour faire baisser le prix sera quasi impossible. Cet argument convainc Marcos de donner une réponse négative à l’agence.


Quelques jours plus tard, la même agence nous rappelle pour nous dire que le prix pourrait baisser de 20 % environ. Cela devient donc intéressant même si je reste plus que dubitatif sur les possibilités commerciales du lieu. Les négociations s’engagent. L’agent immobilier, notre notaire (quelle femme fantastique…), notre avocat (tout aussi génial…), tout le monde s’y met. Mais voilà : une fois de plus, les propriétaires n’ont pas entre les mains les papiers qu’il faut, un grand classique ici ! Nous découvrons aussi qu’ils sont pris par le temps. Leurs locataires (en particulier la librairie du rez-de-chaussée) s’en vont et ils ont peur d’un autre grand classique ici, « una tomada », c’est-à-dire que des squatteurs s’installent dans la maison.

L’agent immobilier nous propose donc de signer « un boleto » qui nous donne la possession et devrait nous permettre d’attendre le passage devant le notaire. Une solution qui ne me plaît pas du tout. Mais là encore, l’enthousiasme de tout le monde, notaire, avocat, Marcos, belle-mère, ami architecte… me pousse à céder. Comme dans ce pays un problème appelle toujours un autre problème, pour signer ce « boleto », il faut donner en liquide et en dollars une partie du prix de la vente finale. Il nous faut donc changer en dollars, les euros que nous avons… du temps où l’euro valait 1,60 dollar. Soupirs.


Nous faisons le tour des banques et des agents de change pour trouver le cours le plus avantageux. Et là, nous avons bien failli être victimes d’une sacrée escroquerie : Imaginez (pour ne pas dire exactement la somme à changer), que nous avions 947 dollars (par exemple) à trouver pour les apporter à l’agence immobilière. Nous voilà donc au guichet avec nos 694 euros (l’équivalent des 947 dollars…) et l’employé de change me remet ce que je crois être cette somme en dollars. Je compte et je recompte, mais suis pris d’un doute sur la somme à fournir à l’agence immobilière. Marcos me rassure, enfin pour dire vrai, comme c’est quelqu’un pour qui comme beaucoup d’Argentins, l’argent se cache le plus vite possible, il s’énerve un peu pour me dire que c’est bon. Nous voilà donc sur le trottoir et là, je lui fais part encore plus énergiquement de mes doutes… Enfin, on s’engueule quoi ! Et bien que l’argent soit cachée dans mes sous-vêtements, donc difficile à vérifier, je découvre d’un seul coup que je venais de compter et de recompter la même somme en dollars qu’en euros ! Le guichetier venait de me refiler en dollars ce que nous voulions changer avec nos euros ! Un cauchemar et surtout la honte d’avoir été pris pour des « bleus » !

Demi-tour, je retourne la gueule rouge sang, les mains moites et les jambes tremblantes dans les locaux pour tomber dans un état de nervosité qu’il vous est possible d’imaginer sur le guichetier tout sourire. L’employé voyant mon visage, perd son sourire et prenant peut-être peur, m’annonce une erreur de sa part ! Une erreur qu’il aurait, en fin de journée, soi-disant vu dans sa caisse pour nous recontacter ensuite… « Anda la mierda ! », comme ont dit ici ou « Mon cul » comme ont dit chez nous !


Nous avons repris un taxi, mon slip un peu plus « gonflé » après avoir évité d’être victime d’une belle escroquerie… Mais toute cette histoire m’avait démontée. Je me suis souvenu de mon père à qui un ami argentin disait qu’ici c’est « un pays de voleurs » ! Et là, quelques heures avant la signature du fameux « boleto », j’ai craqué. J’ai dit « stop ! ». Ça suffit. Je veux plus rien signer pour le moment dans ce pays. Au téléphone, l’agent immobilier, comme vous pouvez l’imaginer, était furieux d’autant que le vendeur de la maison était devant lui, nous attendant. Mais cet agent immobilier a été un peu plus intelligent (ou intéressé) que les autres et nous à laisser quelques jours, le temps que je reprenne mes esprits.


J’ai passé deux jours à ruminer du « stop ou encore ? ». Un an et demi à supporter des agents immobiliers qui veulent vous faire visiter une maison dont les serrures ont été changées parce que cela fait plus d’un mois qu’elle a été vendue. Un an et demi à négocier avec des vendeurs qui reviennent vers vous en augmentant le prix de départ parce que vous êtes étrangers… Un an et demi de promesses foireuses à perdre son temps et son argent (Cf. familles Seligmann et Serantes…). Tout cela valait bien un gros coup de fatigue.


Et puis… La magie de l’été Argentin aidant… Je me suis dit que nous n’allions pas encore passer 6 mois à chercher une maison. Qu’il était temps de se jeter à l’eau pour affronter les petits requins ou les gros piranhas de ce continent ! Alors nous avons signé. Nous sommes presque, enfin je suis presque propriétaire d’une maison à Buenos-Aires avant la signature définitive dans quelques semaines devant notre notaire… Nous avons les clés et nous allons commencer par faire un grand nettoyage qui s’annonce assez terrible… Mais de tout cela je vous parlerai dans les jours qui viennent. En effet, pour l’instant, il va falloir attendre un peu que nous ayons Internet dans nos « nouveaux locaux », notre nouvelle maison dans la zone nord du quartier de Caballito… à Buenos-Aires.

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