Philippe à Buenos-Aires

Entrée de février 2009

J’habite à Pompéi…

28 février 2009 · Laisser un commentaire

On nous avait dit que le papier peint était un des aliments préférés des cafards, alors dans notre lutte quotidienne contre les blattoptères, nous avons passé plusieurs jours à décoller tout ce qui était collé sur les murs à l’aide d’une infernale machine à vapeur. Imaginez, 35° de température ambiante plus la vapeur… De quoi en avoir des vapeurs !

 

- « Dis Marcos, pourquoi on n’ouvre pas un sauna gay ? »

 

Une fois les papiers peints décollés, nous avons attaqué la peinture. Des couches et des couches de peintures. Du vert, du gris, du bleu et surtout de l’orange. Les habitants de cette maison devaient être des fans des années 70 pour tout peindre en orange…

 

Le chantier avançait péniblement quand un drame est survenu. Là, sous un coin de peinture est apparu aux yeux émerveillés de Marcos et dubitatifs du français de Buenos-Aires, une ligne blanche ! Juste une petit ligne blanche horizontale, peinte il y a quelques décennies directement sur le ciment de l’époque.

 

Juste une ligne blanche...

 

Moi, super équipé, spatules et décapant qui bouffe la peau, pistolet soufflant d’air chaud pour les restes de peintures les plus récalcitrants, je dis à Marcos :

 

- « Bouge pas ! Tu vas voir que je vais venir à bout de cette ligne blanche ! »

 

Hurlements !                                       

 

- « Mais ça va pas ! Tu ne vois rien ? C’est un revêtement imitant la construction en pierre de taille copiant les immeubles de Paris. C’est pour cela que ça s’appelle couleur pierres de Paris, color piedras Paris… »

 

Nous y voilà donc… Je pose mes outils et me retrouve dans la situation d’un chef de chantier de chez Bouygues, interrompu en pleine construction d’une autoroute par un architecte soixante-huitard ! Plus possible de toucher aux murs. Chantier interdit au public et aux ignorants !

 

Depuis, Marcos passe ses journées sur une échelle avec un scalpel à la main. Il gratte. Après les lignes blanches, il est tombé sur des frises peintes juste sous les plafonds.

 

La Frise...

 

Et puis, la situation s’est légèrement envenimée. Marcos s’est mis à gratter un peu partout avec son bistouri pour faire des sondages. Parfois, par chance, il m’abandonne un mur… Ouf ! Il n’y a ni ligne blanche, ni frise, ni peinture romane ou fresque préhistorique. Parfois, il découvre une vague peinture vert bouteille et s’émerveille en me disant :

 

- « Après, je m’attaque à ce mur-là, il doit y avoir des choses sous la peinture… »

 

C’est comme cela que depuis quelques jours, j’ai l’impression de vivre à Pompéi ! La nuit, je fais des cauchemars. Pendant que le Vésuve se réveille, Marcos s’approche de mon visage avec son scalpel en me disant :

 

- « Viens ici que je gratte sous ta peau pour voir si tu n’es pas une sculpture romaine… »

 

 

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Torpeurs…

20 février 2009 · Laisser un commentaire

Il fait chaud, très chaud. Hier, nous avons « toucher le gros lot » des 42° à l’ombre ! Cette nuit, dormir était impossible… 26° de minimum ! Chacun cherche le frais. Marcos et sa mère se sont réfugiés dans notre ancien appartement où il y a l’air conditionné… et l’électricité. En effet, les jours de grandes chaleurs, beaucoup de quartiers sont victimes de coupures, pas seulement à cause de la surconsommation des appareils d’air conditionné mais aussi parce que parfois les câbles électriques chauffent trop ou prennent feu ! Par chance, nous habitons à côté d’un hôpital et les coupures sont rares. La ville vit au ralenti, victime de la torpeur d’un été qui est loin d’être terminé.

 

Mais hier à cette torpeur due à la chaleur, s’est ajoutée celle d’une rencontre avec une vétérinaire sadique… Peter, le chien, a depuis quelques jours des problèmes digestifs. Il faut dire que depuis que notre installation dans la maison, nous avons un peu abusé de la « parilla » sur la terrasse. La « parilla » c’est le barbecue traditionnel ici qui se pratique partout dès qu’un espace le permet. Et quand les gens ne peuvent pas le faire chez eux, ils s’installent parfois sur le trottoir pour cuire leur viande ! Donc, qui dit barbecue, dit os et qui dit os provoque immédiatement une demande insistante de Peter, demande à laquelle nous avons eu du mal à résister malgré les avertissements des vétérinaires. Du coup, le chien s’est retrouvé un peu « bloqué » si vous voyez ce que je veux dire…

 

Alors, il y a deux jours, en pleine nuit, il a fallu trouver un vétérinaire, tant le pauvre chien souffrait. À 2 heures du matin, le diagnostic est tombé : Peter a une hernie très grave qu’il faut opérer. Comme ici, les vétérinaires sont avant tout des commerçants (en France aussi souvent…), nous sommes allés voir une autre vétérinaire en commettant l’erreur de lui répéter le premier diagnostic de son confrère. Et là, dans son cabinet – sans air conditionné – après avoir mis « un doigt » au pauvre chien hurlant, la dame a sorti de grand jeu pour nous expliquer qu’en gros si nous n’opérions pas rapidement ce pauvre Peter, nous allions la prochaine fois que nous le sortions pour faire ses besoins retrouver sur le trottoir ses intestins et tout le reste avec ! Puis elle nous a expliqué qu’il fallait reconstruire les muscles qui lui permettent d’évacuer ses intestins au besoin en lui prenant un bout d’un autre muscle dans une patte ! Voyant non pas notre scepticisme mais notre volonté de consulter plusieurs avis, elle a ouvert un grand livre d’anatomie vétérinaire plein de photos de chiens morts ou à peine vivants avec, littéralement, les tripes à l’air !

 

Au bout de quelques minutes, Marcos, le teint blême, dit à la dame : « j’ai besoin de m’asseoir ! ». Ça tombait bien, moi je commençais à tourner de l’œil, la chaleur et les photos gores de la dame avaient fait leur effet… Nous avons terminé la conversation dans la salle d’attente, assis. Juste le temps pour elle de nous expliquer qu’il fallait en profiter aussi pour castrer le pauvre chien et ainsi réduire les chances d’échec de l’opération. À la question du prix, la dame a levé les yeux au ciel, signifiant par cela qu’il serait aussi élevé que la chaleur que nous endurions. Elle doit d’ailleurs nous rappeler pour nous proposer un devis. Je pense que dans les écoles de commerce, pardon dans les écoles vétérinaires argentines, ils doivent leur dire qu’il est important de bien laisser mariner les propriétaires de chiens avant de donner un prix…

 

Alors depuis, nous marinons, dans la torpeur de l’été en vérifiant que le chien revient bien à la maison avec ses intestins ! Et puis nous cherchons d’autres vétérinaires, si possible ayant l’air conditionné, pour nous donner, nous l’espérons d’autres avis.

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Police de proximité !

13 février 2009 · Laisser un commentaire

Vous vous souvenez il y a quelques années en France, le « grand » débat sur la police de proximité ? Eh bien ici, la police de proximité nous en bénéficions tous les jours ! En effet, il y a quasiment en permanence un policier devant notre porte !

 

À notre arrivée dans le quartier avec Marcos, nous nous demandions bien pourquoi les flics se relayaient sous nos fenêtres. Nous avions pensé à un ministre ou à un haut fonctionnaire qui habiterait dans l’un des immeubles à coté. Moi, toujours parano, je me disais que depuis que j’avais eu l’idée idiote de parler de l’autre Carla de Sarkozy, peut-être que l’ambassade de France avait demandé au gouvernement argentin une surveillance rapprochée du dangereux blogueur que je suis…

 

Pourtant un flic devant sa porte ça a plein d’avantages. Question sécurité bien sûr, mais aussi question standing du quartier. Un peu comme si nous habitions une banque ! Et puis un flic devant sa porte, c’est beau ! Pas seulement parce que les uniformes ici n’ont pas cédé à la mode sarkozyste de la casquette de jeune style « montre tes papiers, j’suis pote avec toi, j’ai pas besoin de te dire s’il te plaît »… Non ici, ils ont un vrai couvre-chef de policier, plein d’écussons et un joli gilet orange fluo qui permet de les voir de loin. C’est d’ailleurs bizarre parce qu’ici dans les rues, les poubelles à papier municipales sont presque du même orange ! En France un fabricant de mobilier urbain s’amuserait à peindre les poubelles de la même couleur que les flics, il y a longtemps que la Alliot-Marie l’aurait traîné devant les tribunaux… Démagogie oblige ! Non, quand je vous dis que les flics sont beaux ici, ce n’est pas seulement à cause de leurs uniformes un peu exotiques. Ils sont souvent tout simplement beaux, charmants, mignons… Tenez, celui « de l’après-midi » par exemple vous verriez comment il me dit tous les jours : « Bonjour, ça va ? » avec un sourire… Mieux que les gâteaux à la fraise de la pâtisserie d’à coté !

 

Du coup, au bout de plusieurs jours, j’ai commencé, sans en parler à Marcos, à me poser des questions. Peut-être qu’ils se sont passés le mot au commissariat du quartier, genre : « Y’a un p’tit français, plus très jeune, mais mignon comme tout à cette adresse »… Et ils se relayent tous pour me voir sortir le chien ou les poubelles.

 

Moi de mon côté, j’abuse un peu… « Monsieur l’agent, vous avez vu il y a un chien qui a fait caca sur mon trottoir » ou bien « je peux me garer de l’autre côté, juste pour décharger ? »… Décharger… Bon, passons ! Je ne vais pas vous raconter des histoires plus longtemps, je sais qu’il y en a parmi vous qui pourraient cafter auprès de Marcos. En fait, nous avons eu le fin mot de l’histoire de cette présence policière et… charmante : la coiffeuse ! Oui, la coiffeuse à côté de notre porte… Elle en a eu assez d’être cambriolée alors elle a fait comme beaucoup de commerçants à Buenos Aires, elle est allée au commissariat demander contre un paiement mensuel de quelques centaines de pesos la présence en permanence de policiers sur son trottoir, enfin sur le nôtre. Du coup avec la coiffeuse nous nous partageons le flic mais c’est elle qui paie. Je crois que je vais me laisser pousser « le » cheveu pour aller me le faire couper chez elle, histoire de la remercier…

 

Bon, il est l’heure, je vais sortir les poubelles… Ah non, le chien… J’ai plus la cote avec le chien !

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Just Married !!!

11 février 2009 · Laisser un commentaire

Donc, ça y est, nous voilà unis en Argentine après l’avoir été il y a presque 4 ans jour pour jour en France. Je dois dire que ce mariage, moi qui ne suis absolument pas fana des trucs officiels, fut très agréable. Bien sûr le retard assez angoissant de l’un de nos deux témoins, 25 minutes… ah les Argentins et les horaires ! Bien sûr, l’absence de la famille et des amis qui ne sont pas en Argentine… Enfin tout le monde était là par la pensée et avec des dizaines de messages tous plus sympas les uns que les autres. Nous avons même des amis qui ont eu l’idée d’aller se prendre en photo à la station de métro Argentine… à Paris ! Donc, franchement, cette journée a été superbe.

Il faut dire que le lieu, un immeuble de la municipalité de Buenos-Aires, est magnifique. Il vient d’être entièrement refait, ce qui fait un peu marner nos amis Ricardo et Nico qui n’ont pas eu droit au hall en marbre, avec canapés en cuir et aux miroirs déformants qui te rendent tout beau (quelle idée géniale du décorateur !).

Le hall... et le jeune marié !

Le hall... et le jeune marié !

La salle de mariage vaste (un peu trop) et agréable, ornée des drapeaux argentins et de celui de la ville de Buenos-Aires…

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La juge qui nous a mariés était délicieuse de gentillesse. « Juge » ? Parce que, première surprise, ici ce n’est pas un maire ou un adjoint au maire qui vous marie mais un juge. C’est comme le PACS en France, mais là-bas c’est pour d’autres raisons sur lesquels je ne reviendrai pas. La juge donc, nous a posé plein de questions, pour savoir où et comment nous nous étions rencontrés… Les questions parfaites pour déclencher les larmes. Puis elle a demandé aux témoins, à la famille ou aux amis de bien vouloir dire quelques mots sur nous… Re-larmes. La maman de Marcos s’est levée pour dire qu’elle avait maintenant deux fils… Re-mouchoir. Enfin tout le monde a dit la vérité, devant un juge s’est un peu obligé, expliquant que nous étions tous les deux des gens fantastiques, géniaux, superbes, jeunes, beaux… Rien que la vérité, toute la vérité, ils le jurent !

Puis l’acte officiel avec les phrases rituelles. La signature du registre officiel… Une page rien que pour nous. Quand je pense que dans quelques siècles, les historiens retrouveront peut-être mon blog (ce n’est pas sure !) mais surtout nos signatures dans ce registre d’état-civil laissant ainsi la trace de mon passage dans ce pays ! Bon, j’arrête, j’arrive plus à croiser les jambes tellement mes chevilles ont enflées. Ensuite, nous avons eu droit à un patio aménagé pour les photos officielles avec de superbes palmiers. Pour les amis et la famille qui n’auraient pas reçu le lien vers les photos, qu’ils m’envoient un mail…

Puis nous sommes allés déjeuner dans un lieu magique que je conseille à celles et ceux qui passent par Buenos-Aires : El Club del Progreso. Un superbe palais d’une centaine d’années donnant sur un jardin en pleine ville. Des salons aux lustres impressionnants sous lesquels tous les présidents argentins ont déjeuné ou diné.

El Club del Progreso

El Club del Progreso

Quand je vous dis que je suis entrain de laisser ma trace dans l’histoire de ce pays ! Une nourriture et des vins excellents. Le tout s’est terminé avec une coupe de champagne rosé français. Il fallait bien cela.

Voilà, une journée pleine de soleil et de bonheur sans voir un cafard. Le rêve quoi !

Allez, pour conclure, un point noir sur ce mariage argentin ? La liste de mariage ! Quelle idée cette liste de mariage dans un grand magasin argentin, Falabella, pour leur faire un peu de publicité… J’ai passé des heures à essayer d’aider un peu tout le monde sur MSN ou par téléphone à remplir les formulaires d’un site d’e-commerce qui n’a rien de « e » ni de commerce. À expliquer que le sigle $ signifie ici peso et pas dollar (US$) et à tenter de traduire des questions idiotes comme savoir si la personne qui fait un cadeau est célibataire, mariée, divorcée ou veuve ! Ici, certains de nos amis ont abandonné pour aller directement dans le magasin… Pour les autres, je vais répéter ce que j’ai dit plusieurs fois : c’est l’intention qui compte. Enfin, sauf que j’espère que certains ne se feront pas débiter leur carte Visa pour rien ! Nous avons téléphoné plusieurs fois au magasin et ils nous ont expliqué que demain ça allait mieux marcher… Avec Marcos, comme l’Argentine, sauf erreur, n’a pas de devise à l’image de « Liberté, Egalité, Fraternité » en France ou « Ordre et Progrès » au Brésil, nous avons trouvé que « Demain, ça sera possible ! » serait parfait pour ce pays. Ou peut-être « Après-demain, ça sera possible ! ».

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Marions-nous ! Marions-nous ! En Argentine…

5 février 2009 · Laisser un commentaire

Il y a quelques mois, Ricardo et Nico nous avaient conviés à leur mariage… Enfin, leur “ Union Civil ” plus exactement puisqu’en Argentine aussi le poids de la droite et des églises fait qu’il n’est toujours pas possible d’appeler un chat un chat ! D’ailleurs, l’Argentine étant un pays fédéral, seules quelques provinces dont la Capitale Fédérale acceptent l’union civile. Le projet d’une loi fédérale autorisant le mariage dit gay est actuellement dans les “ tuyaux ” du gouvernement, mais nul ne sait quand cela va aboutir… C’est bien, comme cela nous pourrons nous unir une troisième fois quand la loi sera votée !

 

Donc, après Ricardo et Nico c’est à notre tour de nous y mettre ! Ce sera le 9 février dans une salle des mariages de la municipalité de Buenos Aires et non dans un petit bureau sordide d’un tribunal d’instance où nous nous sommes pacsés il y a maintenant 4 ans. Cette union civile va me donner quelques droits nouveaux dont le bénéfice de l’assurance-maladie de Marcos… Quand je vois l’hôpital de l’assurance-maladie de Marcos, j’ai peur… Mais restons zen.

 

Donc, il a fallu réunir tous les papiers nous permettant d’obtenir une date de célébration et cela a été quelques peu laborieux avec des heures de queues… Montrer tous mes anciens passeports avec les visas argentins prouvant que je suis en permanence ici depuis longtemps. Montrer aussi que Marcos comme moi-même vivons dans la Capitale Fédérale et non dans une autre province. Enfin, le plus important, présenter deux témoins… Et là, ça n’a pas été coton ! En effet, encore une fois l’Argentine étant un pays fédéral, il nous a fallu trouver des témoins résidants officiellement dans la capitale fédérale et non en banlieue, c’est-à-dire dans la province de Buenos Aires… Problème : les meilleurs amis de Marcos bien que vivant ici ont leurs domiciles en dehors de la ville. Enfin, après plusieurs jours de recherches et d’appels téléphoniques, Marcos a trouvé un ami d’enfance avocat et… notre notaire devenue une amie pour être nos témoins ! Avoir comme témoins un avocat et une notaire, si ce n’est pas classe !

 

Au deuxième rendez-vous, une fois les témoins trouvés et toutes les pièces réunies, nous avons eu droit à une scène assez drôle (enfin si l’on veut…) avec l’employée municipale qui cherchait peut-être, ce n’est qu’une supposition, à arrondir ses fins de mois… Elle regarde notre dossier et me dit avec une moue que j’ai déjà vue au fameux  contrôle technique  de notre voiture et qui sent la demande d’un  pourboire  :

-          “ Mais il manque une pièce certifiant de ton adresse ! “

Je lui montre un relevé bancaire, mais aussi le papier des impôts qui ne peut pas être plus officiel pour certifier de mon adresse… Mais la moue continue… Là, elle me regarde droit dans les yeux et me dit :

-          “ Mais la dernière fois, je ne t’avais pas dit que dans le cas d’un étranger il fallait aller consulter un avocat ? Je ne t’avais pas donné l’adresse d’un avocat qui aurait préparé ton dossier ? ”

Aie ! Je sens le piège, d’autant plus que son regard est vraiment insistant. Je ne me démonte pas et lui dit que nous avons des amis, dont un étranger, qui ont fait la même démarche il y a quelques mois sans avoir besoin d’un avocat… Je lui explique, argument suprême que si les impôts acceptent une adresse sans la vérifier, elle va avoir du mal à recevoir son salaire en fin de mois parce que tout le monde va filer une fausse adresse pour ne plus jamais les payer ! Elle finira par tout valider et nous lancer ainsi dans la folle aventure de la préparation de notre “ mariage ” argentin.

 

Marcos s’est chargé du restaurant… à la recherche d’un lieu bien romantique, comme lui seul peut en trouver. D’ailleurs, à propos de romantisme depuis quelques jours, nous écoutons en boucle la “ Marche Nuptiale ” de Mendelssohn… Il est comme ça Marcos, il aime trop vivre dans un conte de fées alors qu’il habite l’Argentine !

 

Puis, passage obligé, nous sommes allés ouvrir une liste de mariage… Bah oui, pourquoi ne pas faire les choses jusqu’au bout ! Direction un grand magasin pour faire les démarches et avoir droit une nouvelle fois à une scène surréaliste. Les formulaires d’inscription comme ceux d’accès aux pages Internet des listes de mariages de cette chaîne de magasins demandent le nom du fiancé ou celui de LA fiancée ! Regard gêné de la vendeuse qui se justifie en disant :

-          “ La direction est chilienne, et ils n’ont toujours pas changé cela… Vous savez comment sont les Chiliens… “

Nous voilà donc Marcos et moi-même discutant pour savoir lequel des deux va faire LA fiancée ! C’est sur moi que c’est tombé avec l’argument imparable :

-          “ C’est surtout pour la famille et les amis argentins ou espagnol cette liste de mariage… Les autres ne vont pas comprendre la différence entre novio et novia ! “

Seulement depuis quelques jours, je suis en ligne avec ma famille ou mes amis qui ne manquent pas de me signaler ce “ bug ” avec un sourir en coin ! D’ailleurs, le site Internet de ce magasin est tellement plein de bugs, que pour l’instant quasiment personne n’a réussi a aller jusqu’au bout de l’achat d’un cadeau. Les services de ce “ grand magasins ” sont injoignables et je crains que Marcos ne réussisse jamais à se faire offrir l’horrible service à thé super romantique dont il rêve… Quand je lui dis que l’Argentine et le romantisme c’est comme l’eau et le gaz, ça ne se mélange pas… à moins de donner un “pourboire” ! 

 

 

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