Philippe à Buenos-Aires

Entrée de avril 2009

Faux amis et vraie copine…

29 avril 2009 · Un commentaire

L’autre jour Marcos débarque à la maison avec une copine qui vit dans le quartier. Une gentille jeune fille, calme, très calme, enfin un peu « 2 de tension », mais encore une fois très gentille. Pour faire honneur à cette nouvelle venue, tout en engageant la conversation, je sors une boite de chocolats ramenés de France… Refusant mes confiseries, celle-ci m’explique être une « naturista » ! Je traduis cela immédiatement par « naturiste » et je me dis tout d’un coup qu’elle ne doit pas être du genre nudiste qui fréquente les plages dites « naturistes » pour échangistes comme il en existe dans le sud de la France au Cap d’Agde par exemple !

 

Curieux, mais pas trop dans ces cas-là, je lui demande quelle relation il y a entre le fait d’être « naturista » et de ne pas manger de chocolats de France ? Celle-ci m’explique alors ne manger que des produits bios et être strictement végétarienne. Je comprends alors le « 2 de tension » ! Une argentine végétarienne, c’est forcément quelqu’un de très calme !

 

Seulement, celle-ci ne fait aucune référence à sa pratique du « nudisme »… Alors, j’ai fait comme je le fais dans ces cas-là, je me suis éclipsé discrètement pour aller consulter mon dictionnaire… « Naturista : Naturiste (nudiste) ».

 

Une fois la copine partie, Marcos m’a expliqué le qui propos : ici, « naturista » ne signifie pas « naturiste » mais définit une personne généralement végétarienne qui mange, se soigne enfin tente de vivre de la manière la plus naturelle possible ce qui en Argentine n’est pas loin d’être un sacerdoce puisque par exemple la très grande majorité des récoltes de céréales sont OGM !

 

J’avais donc été, une fois de plus, victime d’un « faux ami »… Heureusement, je n’ai été victime cette fois-ci que d’un seul et unique faux ami. En effet, elle aurait vraiment été « naturiste » et « échangiste », le terme employé ici étant celui de « swinger », j’aurais surement compris qu’elle aimait swinguer toute nue !

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France-Argentine : le match des éponges…

27 avril 2009 · 3 commentaires

À celles et ceux qui pensent que vraiment ce blog parle de n’importe quoi et que je n’ai parfois pas grand-chose d’intéressant à raconter, je vais une fois de plus leur donner raison !

 

Rassurez-vous, je ne vais pas vous parler du match qui opposait à Marseille il y a quelques semaines les équipes de foot de France et d’Argentine. Match gagné haut la main par les Argentins… Non, je vais vous parler d’un autre match qui lui est à mon avis perdu d’avance par l’Argentine, celui des éponges locales contre les éponges françaises !

 

Non, vous ne rêvez pas, je vais vraiment vous parler d’éponges. Je n’utilise pas le nom de cet ustensile précieux pour le ménage et la vaisselle en guise d’image pour évoquer autre chose que… des éponges.

 

Je suis un maniaque du ménage et parfois, enfin plutôt souvent, j’ai l’impression d’être dans cette maison comme l’une des deux vieilles du programme de M6, vous savez celui où deux mamies vont chez des « d’jeunes » crasseux qui n’ont pas lavé leurs chiottes depuis 5 ans et remettent tout à neuf après une bonne giclée de Javel et une grosse leçon de morale dans le pur style Karcher© de Sarkozy…

 

Alors moi aussi je nettoie, tout ce que je peux nettoyer et croyez-moi, une vieille maison de Buenos Aires qui a été négligée pendant des années, ce n’est pas la saleté qui manque. Mais voilà, ici il me manque quelques outils que je dois à chaque voyage en France ramener précieusement et en tout premier lieu, les éponges.

 

Tenez, regardez l’unique modèle d’éponges qu’il est possible de trouver ici. La marque, ce n’est pas un gag, « Mortimer » !

 

L'éponge Mortimer 

Je ne sais pas si les fabricants sont allés chercher ce nom dans une célèbre bande dessinée (« Black et Mortimer »), mais ils ont surtout négligé les qualités minimales qui font à mes yeux une bonne éponge. Pour parler comme « Que Choisir », la « Mortimer » passe difficilement l’épreuve de la casserole qui a attaché. Quant aux couteaux et tout autres ustensiles ou surfaces irrégulières, le « Mortimer » n’aime pas. Durée de vie : quelques jours.

 

Maintenant regardez, admirez une vraie éponge française ! C’est beau, c’est solide, ça s’habille même de plein de couleurs différentes.

 

De toutes les couleurs

 

Et puis ça ne prend pas le nom d’un héros de BD… Non, puisque c’est du sérieux, ça s’appelle « Hot » par exemple. Les éponges françaises sont « créatives » elles. Il y a celles qui sont parfumées, celles dont le tampon à gratter est noir donc plus solide et surtout la « Hot » susnommée qui durcit quand vous la chauffez !

 

La hot

 

Ce n’est pas demain la veille que je vais trouver ça dans un supermarché argentin ! En attendant, je surveille avec autant d’anxiété ma réserve d’éponge que celle d’insecticide contre le moustique de la dengue. Si un jour je viens à manquer d’éponges françaises, j’espère que ma famille et mes amis organiseront un « Epongethon » pour m’en envoyer une cargaison. Je peux toujours rêver !

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Pays de dingues ou pays de dengue ?

25 avril 2009 · Laisser un commentaire

Marcos, qui lit dans mon dos ce blog (sans en comprendre toutes les subtilités comme j’ai moi-même du mal à comprendre parfois celles de son pays…) se fâche de temps en temps : « Tu n’écris que des critiques sur l’Argentine ! ». Il a peut-être raison, mais en même temps, il reconnaît lui-même que nous vivons parfois dans un pays de dingues !

 

Le dernier exemple en date est l’arrivée (supposée) de la dengue à Buenos-Aires…  Depuis une dizaine d’années, le moustique porteur de ce qui n’est dans le meilleur des cas qu’une très grosse grippe, dans le pire des cas une maladie mortelle, est présent dans le nord du pays mais aussi dans pratiquement toute l’Amérique du Sud. Le voici depuis quelques jours, d’après les médias et une partie des autorités arrivé à Buenos-Aires…

 

Les médias nous en parlent quotidiennement, nous racontant un peu tout et son contraire oubliant souvent le plus important ! Un jour, sur une chaîne de télé un journaliste, catégorique, nous explique qu’il n’y a aucun cas de dengue à Buenos-Aires à part ceux de voyageurs venant du nord du pays et contaminés là-bas avant de rentrer à Buenos-Aires. Sur un autre canal, au même moment, un autre journaliste interviewe un joueur de football célèbre qui depuis son lit d’hôpital explique qu’il a choppé la maladie en s’entraînant sur la pelouse de San Lorenzo, c’est-à-dire en pleine ville !

 

Du côté des autorités, la même schizophrénie avec moult démonstrations de « fumigations » dans les parcs (et les pelouses des stades !) mais un refus de déclarer la moindre alerte sanitaire concernant une épidémie qui si elle venait à empirer serait particulièrement graves pour les enfants, les personnes âgées ou celles n’ayant pas beaucoup de défenses immunitaires… Il semble que l’industrie du tourisme soit une bonne raison de la part des autorités de ne pas trop dramatiser le problème. Il reste que les chiffres, même s’ils sont souvent douteux ici comme ceux de l’inflation, nous parlaient de quelques centaines de cas il y a quelques semaines pour passer à plusieurs dizaines de milliers de cas aujourd’hui… Nous assistons d’ailleurs un véritable syndrome de Tchernobyl ! Comme le nuage radioactif qui avait mystérieusement contourné les frontières françaises en 1986, ici, chaque province fédérale publiant ses chiffres, certaines sont tout aussi mystérieusement épargnées. À quelques semaines des élections, certains hommes politiques locaux expliquant l’absence de dengue dans leurs régions par l’efficacité de leurs politiques sanitaires…

 

Mais le plus dur reste de s’informer et de s’approvisionner en insecticides… Les rayons des supermarchés sont vides depuis des semaines ! Pour l’information, heureusement que j’ai découvert (merci Simone !) que le moustique responsable de cette maladie ne piquait que le jour. Je n’avais jamais entendu dire cela dans aucun média argentin ! Alors comment faire pour se protéger ? Les bombes et crèmes répulsives dégagent une telle odeur qu’elles ne repoussent pas que les moustiques. Les plaquettes et autres insecticides qui se branchent sont difficiles à utiliser dans la rue ou en voiture… La moustiquaire, efficace pour la sieste, n’est pas très pratique à porter pour aller faire ses courses. En plus, les Argentins sont tolérants, mais de là à accepter un français portant un truc ressemblant à robe de mariée… Alors, il reste l’espoir de l’arrivée de l’hiver. Les médias disent que le moustique ne pique plus quand la température descend en dessous de 14° ! Seulement ce n’est pas tous les jours, même en hiver qu’il fait moins de 14° ici. J’ai bien eu un moment l’idée d’installer l’air conditionné dans la maison mais il n’existe pas de modèle capable de descendre à une telle température. En plus, prendre sa douche en anorak… Alors en attendant, je stocke du paracétamol, seul traitement, paraît-il, pour atténuer les effets de la dengue et je redoute l’arrivée depuis le Mexique d’une nouvelle épidémie : la fièvre porcine !

 

Tu vois Marcos, sans être trop critique, c’est quand même un peu une vie de dingues ici, non ?

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Joyeuses Pâques…

12 avril 2009 · Laisser un commentaire

Il n’y a pas que les cafards qui cherchent à envahir notre maison ! Les sectes et autres Témoins de Jehova se sont passé le mot : « Il y a du pécheur à convertir ici ! ». Alors en cette semaine sainte, ils ont attaqué notre porte à coup de sonnette insistante. Et ils n’ont pas été déçus. Je ne sais pas lequel des deux, du chien ou de moi aboyait le plus fort : « Nada de Dios ! Basta de molestar la gente ! ». Marcos pense même mettre une affichette sur la sonnette pour prévenir les porteurs de bibles qu’ils ne recevront pas ici un accueil chaleureux ! Moi j’ai demandé à mon fournisseur de gel insecticide contre les cafards, s’il n’avait pas le même modèle non pas contre les insectes mais contre des sectes !

Plus que Noël, Pâques est ici une fête religieuse. Cela a commencé dimanche dernier où j’avais l’impression que toute la ville se promenait avec une branche d’olivier dans la main tellement les gens semblent nombreux à commémorer le jour des rameaux. Puis mercredi soir j’ai appris que les bureaux, les écoles, enfin tout ce qui n’est pas un commerce allait fermer jusqu’à lundi pour cause de jeudi saint, de vendredi saint, de samedi… etc ! Vendredi, c’était poisson obligatoire ! Pour le pays de la viande, ça fait un choc… Notre voisin boucher était fermé pendant que notre poissonnier de l’autre côté de notre rue est resté ouvert jusqu’à 10 heures du soir ! En guise de protestation j’ai allumé le barbecue sur la terrasse pour faire griller de la viande. Nous n’avons toutefois pas reçu de menaces, ce qui prouve que finalement les argentins, mêmes cathos, sont tolérants.

Et puis aujourd’hui, nous avons vu arriver les œufs. De partout des œufs ! En nouveau signe de protestation, j’avais décrété que je n’achèterais pas d’œuf de pâques, vu la qualité toute relative du chocolat ici. Je ne vous parle même pas des œufs Kinder qui en Argentine aussi ont envahi les étales… Mais au final, je n’allais pas y couper aux œufs !

Marcos m’a demandé d’aller, en prévision du repas pascal, acheter ce qui s’appelle ici une « rosca de pascua  » sorte de brioche « décorée » par un dégueulis de crème jaunasse parsemée de fruits confits. Comme toujours quand Marcos me demande quelque chose, je me suis « exécuté » et suis allé faire la queue 45 minutes dans notre boulangerie pleine à craquer de bourgeoises en jogging et… d’œufs ! Je ne savais pas que finalement j’allais quand même en acheter un… œuf !

Une fois de retour à la maison avec ma « rosca de pascua », nous nous sommes mis à table et au moment du dessert nous avons entamé cette, ce… enfin ce « truc » qui peut se manger si vous vous « armez » d’un grand verre d’eau ! Et là, surprise, sous la crème, un œuf dur entier dans sa coquille ! Un œuf blanc (en Argentine, pour une raison que je n’ai pas encore trouvé, les œufs blancs coûtent moins cher que les œufs jaunes !) certainement introduit dans la préparation avant la cuisson et qu’il semble déconseillé de consommer… d’après ma belle-mère.

« Y’avait un œuf planqué dans la brioche ! », Audiard aurait pu en faire une super réplique de film…

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