Philippe à Buenos-Aires

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Le jour où… j’ai traversé la Cordillère des Andes en écoutant Nana Mouskouri !

27 novembre 2008 · Un commentaire

Notre voyage en Patagonie nous amenait trop près de la Cordillère des Andes et du Chili pour ne pas nous donner l’envie d’y passer quelques jours. Notre itinéraire :  Bariloche – Osorno, avant de poursuivre un peu plus au sud, mais de ce court séjour au Chili, je vous reparlerai plus tard.

Donc, nous voilà longeant le lac Nahuel Huapi pour atteindre après quelques kilomètres d’une route relativement bonne, le poste-frontière argentin.

 

Paysage à la sortie de Villa La Angustora

Paysage à la sortie de Villa La Angustora

 

La route avant le poste frontière argentin.

La route avant le poste frontière argentin.

Première surprise, 40 kilomètres séparent ce poste douanier de celui de leurs collègues chiliens ! Entre les deux, une sorte de route sans habitant ni village, tout en côtes puis en descentes, accompagnée par de gros camions et surtout par des bus pas du tout prêts à ralentir, Cordillère des Andes ou pas !

 

Les formalités de passage sont longues… Visa, papiers de la voiture, mais tout reste bon enfant. Une blague sur le français de passage… Nous pouvons maintenant attaquer la traversée de cette frontière naturelle où, même au printemps il reste de la neige.

 

Sur les pentes de la Cordillère...

Sur les pentes de la Cordillère...

Marcos, dont certains d’entre vous connaissent le goût pour les choses « kitchs » a embarqué quelques CD qu’il a achetés à Bariloche se plaignant de l’absence de « musique ». Son préféré semble être une compilation de… Nana Mouskouri ! Allez, pour la route, je vous en mets un morceau :

 

 

Donc premiers virages…

 

« Quand je chante, je chante avec toi liberté… ».

 

Puis…  

 

« Quand je chante, je prie avec toi liberté… »…

 

Nous voyant « aborder » le poste-frontière du Chili post-Pinochet avec cet hymne révolutionnaire, je zappe discrètement pour continuer les virages suivants avec un « Ave Maria » plus « catholique », musique qui diffusée dans le bus qui nous double à plus de 100 km/heure ferait vomir tous ses passagers ! Si nous tombons sur un vieux douanier amoureux de Pinochet, il est capable de vouloir démonter la voiture en guise de représailles… Je me souviens du film « Meurtre meurtrier à Broadway » où Woody Allen, sortant d’un opéra de Wagner dit à Diane Keaton : « Chaque fois que j’écoute du Wagner, j’ai l’impression que les allemands envahissent de nouveau la Pologne ! ».

 

Nous continuons notre montrée vers les sommets (et les aiguës de Nana) en traversant des forêts sublimes. Les arbres morts sont couverts de lichens…

Forêt de lichens...

Forêt de lichens...

 

La pluie et le froid s’intensifient avant notre arrivée au sommet, c’est-à-dire à la limite des deux pays, là où l’histoire a déposé la frontière. Photos souvenir du passage… Vous ne verrez pas la mienne, je fais trop la grimace à cause du froid ! Et puis, j’ai horreur de me voir en photo…

Bienvenue au Chili...

Nous abordons ensuite la descente, toujours doublés par des bus qui là, frôlent les 120 km/heure… Nana est toujours là, occupant toute la banquette arrière avec les deux fois 10 watts de l’autoradio de notre voiture de location. La descente est encore plus belle. La nature y est presque tropicale.

 

 

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La différence avec le versant argentin est spectaculaire. Il faut dire que la forêt côté chilien bénéficie d’une pluie qui ne semble jamais s’arrêter ce qui nous offre de superbes arcs-en-ciel

 

 

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Nous arrivons au poste-frontière chilien où l’ambiance est beaucoup moins détendue que coté argentin. Uniformes verts kaki, chien renifleur, regards tatillons, de nouveau une tonne de papiers à remplir et surtout des menaces de prison pour les amateurs de pommes ou de fromages ! On ne rigole pas quand on rentre au Chili, même avec une présidente socialiste !

 

 

"Non Môsieur le douanier, j'ai pas de camenbert au lait cru !"

 

 

Heureusement, nous n’avons ni fromage, ni pomme dans nos bagages… Juste Nana que le chien de la douane chilienne ne semble pas avoir reniflé !

 

Nous apprenons, par chance, que la douane n’est ouverte que de 8 heures du matin à 21 heures. Dans notre sens, le malheureux voyageur qui arrive à 9 heures 15, sera condamné à passer la nuit dans sa voiture entre les deux postes-frontières… Sympa !

 

Nous voilà, officiellement, au Chili. La route est nettement moins bonne, pleine de trous et de nids de poules assassins en particulier pour les pneus de la voiture. Mais le paysage est toujours aussi beau.

 

Côté chilien...

Côté chilien...

Nous arrivons dans la vallée où les premières maisons en bois semblent celles de gens très pauvres. Je fais part de ma surprise à Marcos qui me jette un : « Eh oui, c’est ça le miracle économique chilien dont on nous parle depuis Pinochet ! ».

Nous fonçons jusqu’à la ville d’Osorno qui contrairement à son nom n’est pas aux pieds du volcan du même nom… Je crois que cela faisait longtemps que je n’avais pas vu une ville aussi triste et laide. C’est à l’entrée d’Osorno que l’un de nos pneus a rendu l’âme après 60 kilomètres de nids de poules… Heureusement que l’Ave Maria tournant en boucle, la Sainte Vierge et Nana Mouskouri nous ont aidées à trouver rapidement un garage providentiel pour nous réparer notre roue. Finalement, ces deux là sont plus utiles qu’un Saint-Christophe ! Je me demande si je ne vais pas mettre l’Ave Maria en sonnerie de mon portable…

 

Nous avons ensuite continué notre route vers Puerto Varas et Puerto Montt…

 

Le jour où… j’ai traversé la Cordillère des Andes en écoutant Nana Mouskouri !

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Le jour où… J’ai essayé de manger une « fondue » en Patagonie…

24 novembre 2008 · Un commentaire

Pour les Argentins, la Patagonie, c’est aussi une région de gastronomie où la viande serait encore meilleure que dans le reste du pays. Il faut dire qu’ici les animaux d’élevages ne sont pas en « batteries », loin de là. Il n’est d’ailleurs pas rare de se retrouver au détour d’un virage nez à nez avec une vache, un veau ou quelques moutons.

 

La nature elle aussi est généreuse… Sangliers, cerfs, chevreuils, truites, saumons, mais aussi myrtilles ou mûres sauvages pour d’excellentes confitures ou encore des champignons… Du coup, les touristes qui débarquent à Bariloche en profitent pour se goinfrer.

 

Ce qui étonne au départ dans les rues, c’est le nombre de magasins de chocolats…

 

Chocolats russes ?

Chocolats russes ?

 

Chocolats corses ? (Marie ?)

Chocolats corses ? (Marie ?)

 

Chocolats del "Turista"... Pas rassurant !

Chocolats del "Turista"... Pas rassurant !

 

Pourquoi ? Je ne sais pas… Le cacao ne pousse pas dans le coin… La seule explication que j’ai trouvée c’est la réputation qu’a la région d’être une sorte de « Suisse Argentine »… Suisse = chocolat, donc les touristes bienheureux se doivent d’en acheter ici ! Ce n’est pas le meilleur chocolat du monde et il est conseillé de demander à goûter, si cela est possible, avant d’acheter…

 

Dans cette boutique là, ils étaient assez bon.

Dans cette boutique-là, ils étaient assez bons.

 

 

Mais la Suisse c’est aussi le pays de la fondue.

 

Exemple de restaurant proposant de la fondue... (Pas celui où nous sommes allés).

Exemple de restaurant proposant de la fondue... (Pas celui où nous sommes allés).

 

 

Beaucoup de restaurants à la devanture de chalet en proposent… Nous avons donc tenté le coup et je dois dire, pour être franc, qu’un restaurateur argentin a bien failli recevoir un poêlon de « fondue » au travers de la gueule…

 

L’accueil, la déco, tout très sympa. Nous commandons notre fondue pour deux avec un vin blanc sec… Bon, première surprise, le vin blanc n’était pas vraiment sec. Puis nous avons vu arriver une corbeille avec quelques morceaux de pain sec de la veille ou de trois semaines, qui sait ! Enfin la fameuse fondue… Fondue ?

 

L'objet du désir...

L'objet du désir...

 

 

Définition Larousse® : « Fondue (nom féminin) – Plat d’origine suisse, composé de lamelles de fromage que l’on fait fondre à la chaleur dans un caquelon avec du vin blanc, jusqu’à consistance de crème, que l’on aromatise de kirsch et que l’on déguste en y trempant des cubes de pain rassis au bout d’une fourchette. (On dit aussi fondue savoyarde.) ».

 

Définition Restaurateur de Bariloche® : « Fondue (nom d’une commande permettant de dégager du profit) – Plat d’origine touristique, composé d’une seule et fine lamelle de fromage que l’on fait bouillir dans une grande quantité de lait, avec de la farine pour obtenir la consistance la plus crédible possible et à laquelle on tente (pas toujours avec succès) de donner du goût avec une goutte de vin blanc très ordinaire. Se « déguste » (dit ont ?) en tentant d’y tremper au bout d’une fourchette des vieux morceaux de pain des services précédent… »

 

Donc, nous voilà face à notre « caquelon » au fond duquel se trouve une espèce de bouillie épaisse à l’odeur de Blédina ! Tellement épaisse et le pain tellement sec, qu’il est impossible de le maintenir au bout de la fourchette en tentant de l’imprégner de cette mixture. Nous demandons un retour en cuisine où il semble qu’un peu de vin blanc ait été ajouté pour nous permettre enfin notre premier « plongeon ».

 

La fin du désir...

La fin du désir...

 

 

Je ressors le morceau de pain qui, vous vous en doutez, n’est pas suivi par le traditionnel fil de fromage… J’ouvre la bouche et je comprends mon erreur. C’est vraiment mauvais.

 

Comme je suis curieux, j’appelle la serveuse, en tentant de rester le plus aimable possible :

 

-          « Elle très bonne cette fondue. Vous pourriez demander en cuisine comment le chef la fait ? »

 

Cinq minutes plus tard, j’aurais ma réponse…

 

-          « Alors, c’est avec du fromage, du lait, de la farine, du vin blanc, du sel et… un peu de curry ! ».

 

Pas d’ail, pas de kirsch mais du curry ! J’avoue que je ne l’avais pas repéré le curry dans la bouillie… pardon dans la « fondue ».

 

Au bout de trois « plongeons », j’ ai posé ma fourchette et nous avons demandé l’addition. Elle était encore plus « salée » que la « fondue » et aussi difficile à digérer.

 

Le jour où… J’ai essayé de manger une « fondue » à Bariloche…

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Le jour où… J’ai fait le « Dakar » en Argentine avant tout le monde !

21 novembre 2008 · Laisser un commentaire

Notre première grande sortie de Bariloche a été pour aller à San Martin de los Andes par l’itinéraire suivant.

 

A l’aller, nous sommes passés par Villa La Angustora, jolie petite ville proche du lac de Nahuel Huapi.

 

Le lac de Nahuel Huapi.

Le lac de Nahuel Huapi.

Pour la petite histoire, cette cité à bien involontairement accueillie pendant 5 ans la seconde femme de Peron (après Eva…) Isabel Peronchassée du pouvoir par le sinistre coup d’État du 24 mars 1976 puis enfermée ici par les militaires… La ville s’étend le long de la route avec une série de boutiques d’artisanat, toutes construites en bois et qui pour une fois vendent des souvenirs pas trop moches, en tout cas beaucoup moins moches qu’à Bariloche.

 Villa La Angustora.

Face à la ville, sur l’autre rive du lac, de superbes villas donnent une idée du niveau de vie de leurs propriétaires…

Avec petit port privé !

Avec petit port privé !

Puis nous avons pris le chemin de San Martin de Los Andes, pour découvrir après quelques kilomètres… une piste !

 

 

Au moins, ici il n'y a pas de péage...

Au moins, ici il n'y a pas de péage !

20, 30, 40 kilomètres, je ne sais pas combien nous avons parcouru sur ce chemin, doublé par des 4X4 fous. C’est là que je me suis souvenu que le prochain « Paris-Dakar » passait par la Patagonie et j’ai compris pourquoi !

Des kilomètres à rouler le plus lentement possible en priant pour le pare-brise, les pneus, le moteur, enfin en priant pour toute notre Volkswagen Gol… Oui, oui, j’ai bien dit « Volkswagen Gol » et non pas Golf ! Pour une fois, ce n’est pas une faute d’orthographe ! Qu’est qu’une Gol ? C’est un peu la Golf du pauvre, la Gol(f) sans le « f » de fric et surtout sans le « jeune cadre dynamique » qui normalement la conduit dans les pays du « primer mundo »… J’ai connu ma première « Gol » au Brésil il y a très longtemps. Elle est vendue dans toute l’Amérique Latine. La forme est entre une Polo et une Golf, les équipements entre une Logan… et une Logan ! Mais, je peux le confirmer, c’est vraiment solide ! 

Donc nous voilà sur notre piste avec Marcos à croiser des 4X4 assassins qui n’ont pas réussi à nous gâcher le paysage même si après leur passage, poussière aidant, il fallait attendre plusieurs minutes avec d’y voir clair à nouveau… Des vallées, des rivières, des lacs superbes.

 

Ici pour t'endormir, tu comptes pas les moutons mais les lacs !

Ici pour t'endormir, tu comptes pas les moutons mais les lacs... ou les cascades !

...ou les cascades !

 

Une nature vraiment sauvage où vous croisez des rapaces qui vous surveillent du bord de la « route », ou de ce qu’il en reste…

Faut que je m'achète un téléobjectif !

Faut que je m'achète un téléobjectif !

Après une ou deux heures de ce voyage chaotique…

 Heureusement qu'il y avait un nouveau pont !

Nous sommes arrivés sains et saufs à San Martin de Los Andes.

Ah une ligne droite !

Ah une ligne droite !

 

 

San Martin de Los Andes.

San Martin de Los Andes.

Marcos connaît bien cette ville pour y avoir vécu un an. Là aussi une jolie petite ville, pleine de fleurs et de quelques jolies maisons, le tout au bord du Lac Lacar lui aussi très beau.

 

Le petit hôtel où a vécu Marcos... Pourquoi y'a pas de plaque ?

Le petit hôtel où a vécu Marcos... Pourquoi y'a pas de plaque ?

En hiver c’est une station de ski, en état, les vacanciers peuvent se baigner dans le lac…

 

L'une des plus vieilles maisons de la ville...

L'une des plus vieilles maisons de la ville...

Un dernier coup d’œil sur le lac Lacar…

 

Le lac Lacar.

 …et nous avons repris la route, en choisissant une autre piste plus courte mais qui devait s’avérer encore plus mauvaise… Des ponts en bois sur lesquels il est déconseillé de s’arrêter…
 
 
 

 

"Dieu, si tu existes, laisse-moi passer sain et sauf !"

 

Des virages où vous vous demandez si ne va pas apparaître un énorme 4X4 fonçant de l’autre côté. Mais, pas chance, nous n’avons croisé sur 50 kilomètres que quelques rares véhicules. Enfin, je dis par chance, mais il est vrai que si nous avions eu un problème mécanique, je ne sais pas comment nous aurions trouvé du secours ! En fait, cette piste est tellement mauvaise que parfois notre Gol avait du mal à passer ! Un conseil pour ceux qui voudraient faire cette route : ne faites pas comme nous en la prenant à la tombée de la nuit, sauf si vous y allez à plusieurs voitures !

 

Là aussi, mais cela devient lassant de le répéter, des paysages magiques et surtout cette succession de vallée humides et puis quand il n’y a plus de lac ou de rivière, des canyons arides et quasi désertiques. 

 

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Au final, une très belle ballade. Petit à petit, j’ai « dompté » la piste, faisant des pointes à 55 voire 60 km/heure avec l’aide de mon copilote particulièrement attentif à ma conduite surtout quand il se trouvait du côté du ravin ! Je dois dire que ce petit « rallye tout-terrain » m’a donné des idées. Dès que nous aurons une voiture, je vais pratiquer un peu la conduite dans les rues de Buenos-Aires et je pense que je pourrais m’inscrire au « Dakar ». Après tout, pourquoi pas moi ?

 

Le jour où… J’ai fait le « Dakar » en Argentine avant tout le monde…

 

 

 

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Le jour où… J’ai découvert sur l’île Victoria que l’araucaria de mes grands-parents est un mâle !

19 novembre 2008 · 2 commentaires

Au départ, je n’étais pas très chaud pour l’excursion proposée (et offerte) par Marcos. Embarquer avec 200 touristes entassés sur un bateau pour traverser le lac de Nahuel Huapi puis visiter le Parc Naturel Los Arrayanes et l’île Victoria ne me faisait pas rêver… Au final, je dois dire que je n’ai pas été déçu !

À l’embarquement, nous nous sommes retrouvés au milieu d’un troupeau de retraités le plus souvent argentins et assis sous un haut-parleur dans lequel les « guides » de la compagnie “Cau Cau” vont passer des heures à gueuler pour essayer de nous vendre des DVD, des tee-shirts, des CDS, des photos, des cartes… Un vrai télé-achat ! L’une des guides ayant le chic pour s’adresser à l’audience pas toujours équipée de Sonotones comme à des enfants en (très) bas âge… Je dis cela mais plus que des problèmes d’audition, peut-être qu’une partie des personnes âgées était atteinte de la maladie d’Alzheimer, qui sait ?

 

 

Ça donnait un peu près ceci, je n’invente rien :

 

La guide avec un ton de maîtresse d’école :

 

-           « Et savez-vous comment est l’eau du lac ? Elle est salée ou… c’est de l’eau douce ? »

 

Les vieux en cœur…

 

-          « Douce ! »

 

La guide hystérique :

 

-          « Douce ! Muuuuyyyyy biiiiiiiiiieeeeeeeeeennnnnn ! Et l’eau elle vient d’où ? De la mer ou des montagnes ? »

 

Les vieux en cœur…

 

-          « Des montagnes… »

 

La guide en transe :

 

-          « Ouuuuuuuuui ! Elle vient des montagnes ! Muuuuyyyyy biiiiiiiiiieeeeeeeeeennnnnn ! »

 

Puis nous avons eu droit à une super-loterie pour gagner le CD des photos des vieux qui montaient (dans le bateau, photos qu’il est possible d’acheter toutes imprimées sur le bateau (je prends la voix de Pierre Bellemare) au tarif extraordinaire de 42.522.431 pesos et 23 centavos

 

Bon, j’arrête de délirer. La traversée fût longue mais le paysage comme toujours très beau.

 

"De l'eau douce ! Muuuuyyyyy biiiiiiiiiieeeeeeeeeennnnnn !"

 

Après avoir appris que nous naviguions sur un lac d’eau douce, mais aussi que notre bateau de 22 mètres de long avait été transporté par la route depuis Buenos-Aires … 15 jours de voyage !

Là, il est sur l'eau... mais imaginez-le sur une route argentine !

Là, il est sur l'eau... mais imaginez-le sur une route argentine !

 

 

Une information qui m’a laissé perplexe puisque déjà ici rien que de voir une Mobylette conduite (sans casque avec le bébé posé sur le réservoir et l’épouse sur le porte-bagages…) par un argentin me donne la chair de poule… Alors pensez, croiser un convoi exceptionnel avec un bateau de 22 mètres fonçant, comme c’est la règle ici, comme un malade…

 

Donc, après cette « leçon de choses » nous sommes arrivés au Parque Nacional Los Arrayanes autrement dit Le Parc National des Myrtes… Là, un parcours sur une espèce de couloir sur pilotis permet aux (vieux) touristes de contempler quelques milliers d’arbres (évidemment, des Myrtes…) tout déformés…

 

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En fin de parcours, les (vieux) touristes, sauf ceux qui n’ont pas été obligés de rester dans le bateau à proximité des toilettes, se font photographier (cf. le CD à gagner plus haut…) devant une maison tout en bois dont la légende (ou la rumeur) dit que Walt Disney, en vacances dans la région, se serait inspiré pour dessiner ensuite celle de Blanche-Neige.

 

 

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Un coup de corne de brume, enfin trois ou quatre coups de corne de brume pour les (vieux) touristes ayant des problèmes d’audition et nous voilà repartis… Pour la petite histoire, nous avons bien laissé un (vieux) touriste derrière nous, dont l’absence signalée par sa femme longtemps après le départ (tiens, elle n’avait pas vu plus tôt que le siège à côté d’elle était vide ?) aura donné droit à un rapatriement personnel et certainement chèrement payé…

 

Ensuite, nous avons continué notre excursion en abordant l’île Victoria

 

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Réserve naturelle d’arbres du monde entier que les autorités veulent éliminer (pas la réserve, les arbres…). En effet, les responsables du parc ont décidé que les arbres uniquement originaires de la région devaient maintenant remplacer les essences importés depuis des décennies ! C’est la première fois que je rencontre cette forme de nationalisme : le nationalisme arboricole !

Allée de séquoias géants...

Allée de séquoias géants...

 

 

Donc, nous avons retrouvé notre guide hystérique pour visiter la réserve…

 

-          « Et savez-vous de quoi a besoin un arbre pour vivre ? »

 

En cœur :

 

-          « De l’eau… »

 

-          « Muuuuyyyyy biiiiiiiiiieeeeeeeeeennnnnn ! »

 

J’ai quand même appris quelque chose grâce à Madame « Muuuuyyyyy biiiiiiiiiieeeeeeeeeennnnnn ». Pour des raisons familiales, j’adore les araucarias… Il y en a un face de la maison de mes grands-parents en Normandie… Depuis tout jeune, j’ai aimé cet arbre qui ne sert pas à grand-chose puisqu’il ne donne pas de fruits et ne fait pas d’ombre (ce qui n’est pas très gênant en Normandie !).

 

L’araucaria serait un arbre très vieux remontant à l’époque des dinosaures et il pourrait vivre plus de 1.000 ans. Certains disent qu’il serait passé de mode, au contraire, je crois qu’il revient en force… D’ailleurs, j’en ai vu dans des jardineries en France. La première fois que je suis venu ici et que j’en ai vu un, je ne savais pas que l’araucaria état originaire du Chili et d’Argentine.

 

 

Araucaria dans les rues de Bariloche, enfin plutôt dans une boutique !

Araucaria dans les rues de Bariloche, enfin plutôt dans une boutique !

 

 

Mais revenons à notre guide, qui nous a expliqué qu’il y avait des araucarias mâles et des araucarias femelles… Pour les différencier, il suffirait de regarder si l’arbre a des sortes d’excroissances gonflées au bout des branches, un peu comme des fleurs mais vertes et plus claires.

Araucaria femelle...

Araucaria femelle...

 

 

Jamais je n’ai vu cela sur l’araucaria de mes grands-parents et j’en ai donc conclu qu’il s’agit d’un araucaria mâle.

 

Finalement, je n’aurais pas tout à fait perdu ma journée, le jour où… J’ai découvert que l’araucaria de mes grands-parents est un mâle !

 

-          « Muuuuyyyyy biiiiiiiiiieeeeeeeeeennnnnn ! »

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Le jour où… J’ai failli manger un drapeau argentin !

17 novembre 2008 · Laisser un commentaire

Notre première ballade autour de Bariloche aura été pour vivre une expérience culinaire… disons rare !

 

 

Nous avons pris la route bordant le lac Nahuel Huapi pour aller jusqu’au grand palace de la région… Le Llao Llao.

Accès réservé aux cartes "Platinium" !

Accès réservé aux cartes "Platinium" !

Un énorme « nid d’aigle » posé face au lac et entouré par un immense golf. Ici c’est pour du « riche de chez riche » et le vigile ne s’y est pas trompé en ne nous laissant même pas voir le hall d’entrée… Nous avons passé notre chemin.

 

-          « Ecoute-moi aubergiste ! Un jour ne reviendrons et nous louerons un étage entier de ta gargote ! »

 

Malgré l’humiliation, nous avons continué notre route à travers les forêts superbes de la région et en longeant les lacs…

 

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…pour atteindre la Colonia Suiza autrement dit « la colonie Suisse ».

 

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Pour ceux qui ne liraient pas l’espagnol, ce village a été créé par les frères Goye venant de la ville suisse de Saxon en 1899. Ils furent rejoints par d’autres familles suisses, construisant plusieurs fermes toutes en bois et qui sont aujourd’hui devenus des petits hôtels, restaurants ou boutiques à touristes.

Colonia Suiza.

Colonia Suiza.

 

Le village est charmant bien qu’envahi de touristes dont certains (n’est-ce pas Marcos ?) se croient vraiment en Suisse…

 

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Nous sommes même tombés sur une maison aménagée dans une ancienne cabine de téléphérique… Tombée du ciel ou ramenée en souvenir de Suisse ?

 

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Une jolie petite chapelle, construite en 1958 (1958…) est au centre du village.

Très très vieille chapelle datant de... 1958.

Très très vieille chapelle datant de... 1958.

 

Mais le lieu ne possède pas que de modestes maisons de paysans originaires de Suisse, ainsi, à la sortie du village, on peut contempler l’une des propriétés digne des bords du lac Léman…

 

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Mais le but de notre visite était aussi culinaire. La spécialité du village s’appelle « El Curanto ». Un plat dont l’origine viendrait des indiens qui vivaient dans la région avant d’être tous massacrés au 19ème siècle par le tristement célèbre président argentin Julio Argentino Roca

 

La recette bien qu’un peu longue est simple, enfin moins simple qu’un œuf au plat… Il faut réunir la veille au soir quelques pierres et des branchages auquel ont met le feu pour les porter à bonne température. Ensuite, il faut poser dessus une dizaine d’ingrédients dont du poulet, du bœuf, de l’agneau, des saucisses de porc, des pommes de terre, des patates douces, des carottes, des pommes et d’autres ingrédients genre des branches de laurier je crois… Ensuite, le feu est étouffé par des couches et des couches de toiles de jute, le tout recouvert ensuite d’une bonne quantité de terre.

 

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Le lendemain matin, les touristes débarquent et prennent un ticket (60 pesos quand même, ce qui n’est pas rien ici …) pour assister à la cérémonie d’ouverture du fait-tout artisanal…

 

Et là c’est toute une cérémonie, qui croyez-moi, quand vous avez faim, est longue, très longue ! On vous fait un grand discours avec un petit couplet sur les Malouines, la mère-patrie, l’espoir dans des jours meilleurs (tiens, je crois qu’ils n’ont pas parlé pour une fois de Dieu ou de la vierge…) puis vous avez droit à l’hymne national (qui lui-même est interminable) avant de retirer la terre et soulever les premières couches de toile de jute… Là, vous découvrez le drapeau argentin qui a cuit toute la nuit et vous vous demandez, au bord de l’hypoglycémie, si vous ne délirez pas et surtout si les argentins ne vont pas envahir une nouvelle fois les Malouines !

 

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Puis, vous découvrez ce qui a cuit toute la nuit…

 

"Quoi, il est pas fraiche ma viande ?"

 

…et qui va être réparti dans des barquettes en aluminium et distribuées aux heureux touristes possesseur du ticket acheté avant. Ceux qui sont arrivés trop tard nous regarderons manger !

 

 

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Et alors, c’est comment ? Et bien, c’est un peu comme un pot au feu avec un petit goût de fumé et un léger retour en bouche au goût de terre. C’est ni génial, ni immangeable, mais vous me direz, vous avez tellement attendu que finalement ça passe !

 

Il faut dire que les discours patriotiques vous ont mis dans une telle condition, que vous ne vous aventurez pas à critiquer ce qu’il y a dans votre barquette en alu… Au risque que l’on vous fasse manger le bout de tissus bleu et blanc avec lequel ça a cuit !

Le jour où… J’ai failli manger un drapeau argentin !

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