Philippe à Buenos-Aires

Pas de « plan B » pour la grippe A !

3 septembre 2009 · Laisser un commentaire

À l’heure où la France frémit de peur devant l’arrivée imminente de la terrible épidémie de Grippe A, l’Argentine semble sortir du gros de la tourmente. Ici la vague d’hystérie collective et surtout médiatique semble derrière nous. Le nombre de cas semble « officiellement » baisser, les hôpitaux un peu moins débordés et surtout la peur au quotidien moins présente.

Il faut dire qu’en Argentine, résister à la peur, voire à la panique, aura été un effort quotidien ! Nous avons, pendant des semaines, été gavés de messages alarmistes, d’informations erronées… Enfin nous avons tout entendu. Tenez, un exemple : ce « journaliste » recevant ce « vétérinaire » expliquant sans rire qu’il ne fallait plus sortir son chien dans la rue non pas parce qu’il pouvait attraper la Grippe A, mais parce que quelqu’un pouvait éternuer à côté de lui ou pire encore le toucher et qu’ainsi vous alliez introduire chez vous le vilain virus agrippé aux poils de votre animal !

Comme toujours ici, les médias et surtout la télévision n’en ont pas seulement trop fait, pire encore, ils ont bidonné, truqué, dramatisé jusqu’à la caricature. Résultat : deux épidémies, une de Grippe A et une de panique généralisée… Ainsi, au début certains restaurants refusaient de servir de malheureux mexicains en vacances à Buenos-Aires ! J’ai assisté à quelques scènes dignes d’une comédie italienne comme la pharmacie du quartier envahie de clients (plutôt âgés) pleurant pour obtenir, qui de l’alcool en gel, qui du Tamiflu®, qui des masques devant une armée de blouses blanches répétant qu’ils n’avaient plus rien de tout cela en rayon… J’ai ri en voyant ce vieux monsieur dans le métro « armé » d’une bombe de désodorisant prétendument désinfectant asperger la barre avant d’y poser la main ! Les écoles ont été fermées plusieurs semaines, les centres commerciaux interdits aux mineurs (!) et des distributeurs d’alcool en gel ont même été placés dans certains endroits, sans que personne ne s’en serve d’ailleurs !

 "Vanessa, mon gel et..." (Private joke!)

Après les journalistes et les médias, les autres bénéficiaires de cette épidémie auront été les « marchands du temple »… Je ne parle pas seulement des pharmaciens et de tout le système de santé quasi intégralement privé, mais aussi de sociétés n’ayant rien à voir avec le monde médical. Ainsi ai-je eu la surprise de recevoir un SMS de mon opérateur téléphonique me conseillant de faire toutes mes démarches en ligne pour ne plus avoir à aller dans ses boutiques !

SMS Movistar

Traduction : « Par mesure préventive contre la Grippe A, nous vous recommandons d’effectuer vos démarches sur www.movistar.com.ar ou en nous téléphonant au *611 ». Bonne opération pour lui, cela leur aura peut-être permis de « libérer » ou plutôt de licencier quelques-uns de ses vendeurs !

Au niveau du gouvernement, la ministre de la santé n’a pas survécue, victime elle aussi de la Grippe A et surtout de ces « peut-être », « je ne sais pas »…    Elle a été remplacée par un autre « responsable » semblant tout aussi irresponsable ! Ce qui aura été le plus étonnant pour un Français, c’est l’absence de plan sanitaire précis masqué par de la communication pas ou mal faite, tout cela donnant l’impression que les politiques de ce pays se font manipuler par les médias tout en croyant les manipuler. Cette cacophonie étant amplifiée par le fait que l’Argentine est un pays fédéral ou chaque province possède son propre ministre de la santé !

En attendant, malgré la parano ambiante, nous avons préféré continuer de sortir le chien plutôt que de le laisser faire ses besoins au milieu du salon, au risque de mourir de la grippe A ! Que ne feraient-ont pas pour l’amour d’un chien !

→ Leave a CommentCatégories : La vie au quotidien...

La vie d’expat’…

1 septembre 2009 · Un commentaire

La vie d’expatrié, vous l’avez peut-être lu sur ce blog, n’est pas toujours de tout repos. Chercher de la monnaie, massacrer les cafards, courir après sa voiture volée… Mais parfois, c’est quand l’expat’ rentre au pays que les choses se compliquent. Je m’explique.

Je viens de passer quelques semaines, pluvieuses, en France… Quelle jubilation de se goinfrer de fromages au lait cru (merci Alejandro, François et Maman !), de calissons (merci Marie-Anne et Virginie), de tomates farcies (merci Emöke et Kiko), de « nouvelle cuisine » (Merci Ricardo et Catherine D.), de carottes râpées à la fleur d’oranger (Beurk Marie et Hervé !), etc. ! Quel bonheur de profiter d’un « pied-à-terre » en plein Paris pour pouvoir y poser ses bagages (Merci Marie-France et Papa !). Quel plaisir de se laisser aller à la terrasse d’un café parisien (Merci Bruno, Pascale, Davy, Rémi, Olivier…). Quelle joie de se voir offrir des dizaines d’éponges de toutes les couleurs qui viennent compléter ma collection Porteña (Bientôt un Musée de l’éponge à Buenos-Aires ?)…

Mais le revers de la médaille de ce passage en France aura été pour la première fois pour moi la découverte du décalage qui se creuse petit à petit entre Buenos-Aires et Paris. Non pas le décalage horaire ou culturel, mais le décalage familial et amical dont est parfois victime l’expatrié.

En fait, j’ai compris pendant ce séjour que rien ne peut, malgré tous les moyens de communication qui existent aujourd’hui, supprimer la distance qui s’installe petit à petit avec ceux dont j’étais pourtant si proche en France. Je l’ai compris et pour la première fois j’en ai souffert en apprenant au détour d’une conversation pendant un dîner la mort d’une amie que j’adorais. Personne n’avait pensé à me prévenir, ce n’est absolument pas un reproche, mais c’est ainsi. J’ai travaillé plusieurs années avec Poussy Pellegrino et je ne garde que de bons souvenirs de cette femme fantastique qui s’est éteinte il y a quelques semaines dans son magnifique petit village de Falicon sur les hauteurs de Nice. L’annonce de ce décès a été suivie d’autres déconvenues : des rendez-vous manqués, des dépressions cachées que je ne suspectais pas depuis Buenos-Aires, un couple qui se sépare sans que l’un des deux ne me prévienne…

Tout cela m’a donné l’impression de débarquer dans un film dont j’aurais loupé une partie. J’ai compris avec celles et ceux qui comme moi font ou ont fait l’expérience de l’expatriation, que tout cela était le prix à payer. Que distance rimait irrémédiablement avec absence.

Néanmoins, je dois le dire, cette absence a un bon côté : elle confirme, elle amplifie la force de certaines amitiés et ça c’est quelque chose que l’expatrié que je suis aujourd’hui a eu le plus grand bonheur à ranger au fond de ses bagages (entre les éponges !) en quittant Paris…

→ 1 commentaireCatégories : Hors-sujet...

La grippe A dans un pays de dengue…

25 juin 2009 · Un commentaire

Donc après la dengue, voici la nouvelle collection automne-hiver (très tendance !) de la mode en Argentine : la grippe A… Aujourd’hui les chiffres semblent de plus en plus clairs : nous sommes entrain de rattraper et même de dépasser les autres pays d’Amérique Latine. Le récent exemple de l’équipe de rugby des Barbarians venue jouer (et perdre…) à Buenos Aires contre la sélection Argentine des Puma avec pas moins de 5 joueurs qui sont rentrés en France malades prouve que le virus est bien présent.

Aux dernières nouvelles nous serions même parmi les pays les plus touchés au monde avec 22 morts et pratiquement 1.500 cas. Mais comme toujours ici, surtout à deux jours des élections, les chiffres peuvent prêter à quelques réserves. D’ailleurs, le gouvernement a annoncé il y a peu que les tests permettant de détecter la grippe A, ne seraient plus pratiqués que sur les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou les gens ayant des problèmes de santé graves…

Pour les chiffres mais aussi pour la communication en général sur cette épidémie, les autorités et surtout les médias disent un peu près tout et n’importe quoi ! Tenez par exemple, les mesures de prévention : dimanche pour les élections, les votants devront faire la queue à l’extérieur pour rentrer un par un dans les bureaux de vote « en restant à une distance minimale d’un mètre des autres personnes présentes » ! Il faudra donc avoir le bras long (au sens propre) pour mettre son bulletin dans l’urne…

Les messages de prévention sont ici les mêmes que dans les autres pays, avec quelques variantes. Ainsi le site du gouvernement Argentin indique que si vous n’avez pas de mouchoir il est conseillé de se moucher à l’intérieur du coude ! Les autorités de Buenos-Aires diffusent aussi des recommandations qui oublient pourtant quelques aspects de la culture locale. Rien sur le maté qui se boit en partageant la même « paille »… Rien non plus sur la bise que tout le monde, hommes ou femmes, pratique à longueur de journée ici…

gripe_ah1n1

Et puis, il y a un facteur tout simple, c’est qu’ici l’hiver vient d’arriver avec un temps assez frais et donc propice aux rhumes et autres refroidissement. Comme en plus le taux de vaccination de la population pour la grippe classique est assez bas, les symptômes assez proches de la grippe A, dès le moindre éternuement les gens courent à l’hôpital. De ce fait, les hôpitaux sont débordés. Les opérations chirurgicales non urgentes ont ainsi été reportées pour libérer des lits.

Même si la grippe A semble n’être au fond qu’une mauvaise grippe, vous finissez toujours par vous dire que quand même ça serait mieux de passer au travers… Mais ici, c’est l’Argentine… Il est quasiment impossible de passer aux travers du moindre éternuement de ce pays, alors pensez, la grippe A !

→ 1 commentaireCatégories : La vie au quotidien...

Mais que fait la police ?

13 juin 2009 · 2 commentaires

Ce matin, réveil douloureux… En sortant pour promener le chien, plus de voiture devant la porte de la maison ! J’appelle Marcos qui descend en pyjama en me traitant de tous les noms… pensant à une blague. Une fois sur le pas de la porte, il m’engueule de nouveau en me disant :

- ” Tu as laissé la voiture là-bas ! ”

Et effectivement, de l’autre côté de la rue à 50 mètres, se trouve la voiture. J’ai eu un petit doute…. Suis-je rentré bourré la nuit dernière ? Ai-je fait une crise de somnambulisme et déplacé la voiture tout en dormant ? En fait, nous avons bien été victimes d’une tentative de vol… Les serrures et le Neiman ont été cassés, le tableau de bord démonté, mais le système de sécurité électronique a bloqué la voiture après quelques mètres.

 DSC04640

Les voleurs sont donc repartis à pied sans même voler ma boite de Cachou, qu’ils ont quand même goutté sans visiblement l’apprécier !

DSC04643

Nous voilà donc partis pour porter plainte au commissariat du quartier, plus exactement au guichet de formalités rapides, guichet que comme son nom l’indique devrait être… rapide !

comissariat

Mais voilà, comme toujours ici, les choses se sont compliquées ! On en a pris pour 4 heures de démarches… Le policier nous a d’abord annoncé qu’il fallait venir jusqu’au commissariat avec la voiture pour faire les constats qui s’imposent ! Problème, la voiture ne peut bien évidement plus démarrer. Le commissariat a beau être à 200 mètres de la maison, impossible de faire déplacer un policier. Il faut donc appeler une dépanneuse juste pour déposer la voiture devant la porte du commissariat ! Comme je disais au policier :

- ” Si un jour nous sommes victimes d’un cambriolage, faudra vous amener la maison ? ”

Une fois la voiture remorquée devant le commissariat, nous avons droit à la traditionnelle paperasserie. Nous avons eu tout le temps d’écouter les derniers « faits divers » du quartier en voyant arrivé victimes de vols à l’arrachés ou plus grave de vols sous la menace d’une arme. Pas rassurant… Nous avons dû ensuite laisser la voiture devant le commissariat avant qu’un expert ne passe. Pour cela il va falloir être patient ! Peut-être mardi ou jeudi prochain, qui sait ! Au moins, sous la surveillance de la police, la voiture ne devrait pas être volée une deuxième fois… quoique !

→ 2 Commentaires Catégories : La vie au quotidien...

La semaine du bonheur ! (le dimanche…)

31 mai 2009 · Un commentaire

Voilà, ma semaine du bonheur se termine. Bon, une semaine, en Argentine comme partout ailleurs, c’est sept jours… Et me voilà bien embêté ! Au niveau culinaire, j’aurais voulu ajouter les empanadas, sorte de chaussons fourrés à la viande ou au fromage, mais aussi le vin argentin qui est bon et bon marché… J’aurais voulu consacrer un jour à la géographie exceptionnelle de ce pays qui lui permet d’avoir sur son sol tous les climats de monde, du tropical au désertique, du polaire au tempéré… Bien sûr, j’aurais été tenté de vous parler de la beauté de certaines argentines bien plus parfois que celle des argentins… Et là, je ne pourrais pas être taxé de parti pris ! Et puis, l’architecture en particulier de Buenos-Aires, ces maisons splendides qu’avec Marcos nous avons visité pendant deux ans avant d’en acheter une… Et puis, et puis…

Alors, je vais terminer sur une caractéristique essentielle des Argentins : la tolérance… Ce peuple est profondément tolérant. Je parle pour moi qui connais ce pays depuis des années. Je ne crois pas avoir croisé un seul homophobe, ou en tout cas, il ne me l’a pas montré. Je ne crois pas avoir rencontré une quelconque xénophobie en tout cas vis-à-vis d’un européen. Pour les étrangers qui viennent d’autres pays d’Amérique Latine comme le Pérou par exemple, c’est parfois différent… Avec le passé récent de ce pays, avec sa « classe » politique qui bave sa démagogie dès qu’elle ouvre la bouche, on pourrait croire que tout a été fait pour que se peuple se referme sur lui-même.… Ce n’est pas le cas. Cela semble même parfois impossible.

Et pour finir cette « semaine du bonheur », écoutez l’hymne national Argentin dont voici les paroles en français : 

Mortels ! Ecoutez le cri sacré :
« Liberté, Liberté, Liberté ! »
Entendez le son des chaînes brisées,
Voyez trôner la noble Egalité.

Les Provinces Unies du Sud,
Ont maintenant donné leur très honorable trône.
Et tous les peuples libres du monde répondent :

« Au grand peuple Argentin, Bienvenue !
Au grand peuple Argentin, Bienvenue ! »

Et tous les peuples libres du monde répondent :
« Au grand peuple Argentin, Bienvenue ! »

Puisse être éternels les lauriers
Que nous sûmes obtenir,
Que nous sûmes obtenir.
Vivons couronnés de gloire
Ou jurons de mourir glorieusement !
Ou jurons de mourir glorieusement !
Ou nous jurons de mourir glorieusement !

On y parle de liberté, d’égalité mais pas de sang impur qui abreuvent les sillons ! On y parle d’un peuple libre… Alors chapeau les Argentins et « Viva Argentina ! ».

→ 1 commentaireCatégories : La semaine du bonheur...